Jusqu’au 20 juin 2009, Le Lucernaire

À partir de 4 ans

Les animaux sont des êtres bien étranges : pourquoi la baleine, pourtant si imposante, ne mange que des petits poissons ? Pourquoi le chameau a-t-il une bosse ? Et le rhinocéros la peau toute plissée ? Ou l’éléphant une trompe à la place du nez ? Bien des questions qui méritent d’être étudiées avec le plus grand sérieux ! C’est d’ailleurs ce qu’a fait la scientifique qui vient nous présenter le résultat de vingt ans de recherches sur tous ces sujets passionnants. Oh ! elle en sait des choses cette dame, et elle veut tout enseigner de façon très savante, mais c’est sans compter sur l’intervention de ses deux assistants. Ces deux-là ne connaissent peut-être pas tous les faits exacts, mais ils ont découvert un autre genre de savoir : l’art de raconter des histoires…

La compagnie Dottie nous présente une nouvelle traduction du texte de Rudyard Kipling (signée Yves Lecordier), une version fraîche qui joue avec tous les niveaux de langage, de la racine latine du nom des animaux à de joyeux enfantillages. La pièce est très ludique, aussi bien dans la forme que dans le fond. C’est d’ailleurs le véritable atout de cette production : le plaisir des comédiens à nous raconter des histoires toutes plus saugrenues les unes que les autres est communicatif. Avec presque rien, ils arrivent à suggérer beaucoup – un palmier en carton et nous sommes en Afrique, un drap qui s’agite et nous voguons sur l’océan… Cette inventivité de bric et de broc est un choix on ne peut plus de circonstances. En effet, que dit Kipling dans Histoires comme ça ? Que les faits bruts, c’est bien, mais que le vrai savoir se trouve dans la narration. Or pour savoir raconter des histoires ou des carambouilles, il faut faire usage de notre imaginaire. Prenant l’auteur au mot, c’est à cela que nous invite cette jeune compagnie.

L’interprétation très physique des comédiens crée un univers à l’image du texte, vivant et bondissant. Le duo comique formé par les deux assistants (joués par Ludovic Lamaud et David Gérard lors de la première) fonctionne à merveille, réussissant à créer à la fois deux personnages bien distincts et un contrepoint malicieux à la scientifique. Celle-ci n’est pas en reste, et parvient à ne pas enfermer son rôle sous un masque trop sérieux.

Si le jeune public s’amuse, les adultes s’en donnent aussi à cœur joie. Les différents niveaux de langage et d’écriture permettent que tout le monde s’y retrouve et ressorte le sourire aux lèvres. Des Histoires comme ça, on veut bien en entendre souvent et à tout âge !

Histoires comme ça de Rudyard Kipling, mise en scène d’Avela Guilloux, théâtre le Lucernaire
Avec : Céline Groussard et en alternance Luduvic Lamaud ou Fabien Floris, David Gérard ou Guillaume Bursztyn

Article originellement publié sur Culturofil.net


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