Jusqu’au 15 août 2010, théâtre de la Cité internationale

La compagnie Acrobat vient d’Australie et pratique les arts circassiens en famille. Les parents, Jo-Ann Lancaster et Simon Yates, portent la plupart des numéros, les enfants sont là en guest stars, tout jeunes mais aidant déjà les deux techniciens présents sur le plateau à créer l’environnement visuel et sonore de Propaganda. Comme son nom le laisse deviner, Propaganda est un spectacle de cirque engagé, un point de départ inhabituel qui n’est pas pour nous déplaire. Les valeurs défendues sont séduisantes et dans l’air du temps : respect et proximité de la nature, décroissance, amour des autres… Malgré l’expérience des Acrobat et ces bonnes intentions, le résultat est inégal.

Durant le premier quart d’heure, le spectacle manque de lisibilité, on peine à comprendre ce que la troupe essaye de nous dire. Le numéro de portées faussement loupées est amusant, mais on ne saisit pas grand-chose à la chanson qu’interprète Jo-Ann Lancaster ou, ensuite, aux déclamations de Simon Yates, heureusement ponctuées de simiesques acrobaties sur le mât érigé en milieu de scène. Même si l’on se doute qu’ils essayent de nous dire quelque chose sur l’homme-cet-étrange-animal, on reste perplexe.

Un coktail mal dosé

La suite s’éclaircit, avec un beau solo de Yates sur un rythme de basse hypnotique, ou encore une scène d’anthologie où il joue les fildeféristes pour prendre un petit déjeuner chaplinesque hilarant. Le passage à la corde de Lancaster est l’occasion de la présenter comme une sirène évoluant au milieu d’une mer de déchets. Passé le clin d’œil écolo, si le travail est techniquement bien exécuté, il n’est pas vraiment mis en valeur : les bruits de bateau qui l’accompagnent sont lassants et les éclairages minimalistes n’aident guère (à plusieurs reprises au long de Propaganda, on peine à distinguer ce qui se passe sur scène).

C’est là où l’on atteint la limite de l’exercice. En voulant souligner avec force leurs partis pris  pour montrer leur engagement, le savant dosage qui fait la réussite d’un spectacle se trouve déséquilibré. Ainsi, par exemple, le passage pourtant impressionnant à vélo est parasité par les messages provocateurs lancés d’un haut-parleur : quelques uns auraient suffit pour que le spectateur saisisse l’idée, alors que leur martèlement rend l’ensemble assez pesant.

On préfèrera retenir les moments de comédie, quelques jolies prouesses dans l’exécution des numéros et, bien sûr, le sympathique envol de l’enfant-ange venu nous porter la bonne parole via des panneaux potacho-écolos. Éteins la téléMange tes légumesFais du véloPrends un arbre dans tes brasPrends un bûcheron dans tes bras ! Pour le reste, c’est peut-être le propre des exercices de propagande que d’avoir quelque peu la main lourde.

Propaganda de et par Acrobat, théâtre de la Cité Internationale.
Avec : Jo-Ann Lancaster, Simon Yates, Fidel Lancaster Cole, Grover Lancaster Cole.
Crédit photographique : Ponch Hawkes

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