Jusqu’au 31 juillet 2011, Festival Off d’Avignon
Molière dans tous ses éclats – Collège de la Salle
QuichotteLa Condition des soies
La PoursuiteLa chapelle du Verbe incarné

Avec une centaine de spectacles officiellement répertoriés « pour enfants » et plusieurs dizaines d’autres classés « tout public », mais tentant clairement de séduire les jeunes spectateurs, le Off peut se vivre à un rythme familial. Pour les plus petits, nous vous recommandions Rumba sur la lune et Histoires de chaperons. Et les autres ? Pas d’inquiétude, les pré-ados trouveront aussi leur bonheur dans l’offre festivalière – voici quelques suggestions pour un parcours alliant pédagogie et divertissement.

Déchiffrer le théâtre

Commencer par Molière dans tous ses éclats est une excellente manière de découvrir les codes et le vocabulaire du théâtre. Miette doit entrer en scène, mais elle ne se sent pas bien… Que se passe-t-il ? Son comparse, Ouane, a compris : elle a le trac, bien sûr ! Étape par étape, en s’appuyant sur trois extraits de pièces de Molière, Stéphanie Marino et Nicolas Devort s’amusent à révéler l’envers du décor à leur auditoire. Pourquoi les pièces étaient-elles divisées en actes ? Qu’est-ce qu’une didascalie ? À quoi sert un metteur en scène ? Avec légèreté et ludisme, les interprètes lèvent le voile sur tous ces mystères et bien d’autres. Entre comédie, clownerie et chansons, une leçon comme les enfants aimeraient certainement en avoir souvent à l’école.

Entre rêve et réalité

Après un classique du théâtre avec Molière, pourquoi ne pas se lancer dans un chef-d’œuvre de la littérature ? Isabelle Starkier met en scène une très jolie relecture de la célébrissime histoire du chevalier de la Mancha. Dans Quichotte, seule en scène avec des marionnettes et quelques accessoires, l’étonnante comédienne Eva Castro donne vie au mythe tout entier. Une vision poétique et touchante qui permet d’entrer dans l’esprit délirant de Don Quichotte. Un esprit à l’image de son armure dorée et craquelée : il  brille et à la fois s’effrite sous nos yeux. Le sourire et le rire affleurent aussi, avec notamment une scène très réussie de projection sonorisée en direct par Castro. Quichotte se termine sur une note de tendresse, nous laissant repartir avec des bribes de rêves dans le cœur.

Corée-ment énergique

Enfin, venue de Corée du Sud, la compagnie Pocha présente La Poursuite, un spectacle sans parole qui relève plus de la performance que du théâtre. La troupe utilise et s’amuse des codes du manga et des jeux vidéo, aussi bien que des techniques scéniques plus traditionnelles de leur pays d’origine. Un mince fil conducteur – l’histoire d’un gendarme et deux voleurs – sert d’excuse aux trois interprètes pour réaliser des numéros de pantomime, de magie, de jonglage ou de combat. La Poursuite est divertissant, voire à certains moments impressionnant grâce à l’énergie qu’ils déploient sur scène. Si l’ensemble est amusant et forme un cocktail inhabituel, on regrettera néanmoins que la trame n’ait pas été un peu plus travaillée.

Molière dans tous ses éclats, écrit, mis en scène et interprété par Stéphanie Marino et Nicolas Devort, Collège de la Salle.
Quichotte d’après Cervantès, mise en scène Isabelle Starkier, La Condition des soies. Avec : Eva Castro.
La Poursuite de Jeong-Bae Song, la Chapelle du Verbe incarné. Avec : Seong-Jung Byeon, Jeong-Bae Song et Jun Kim.

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