Le Gros, la vache et le mainate de Pierre Guillois – Le grand fourre-tout

Le Gros, la vache et le mainate de Pierre Guillois – Le grand fourre-tout

Jusqu’au 3 mars 2012, théâtre du Rond-Point

Le titre impossible, Le Gros, la vache et le mainate, et son sous-titre Opérette barge laissaient présager un spectacle fou et musical – des prémisses plutôt sympathiques. L’intrigue maigrelette, que l’on demande aux spectateurs de ne pas dévoiler afin de ne pas gâcher « l’effet de surprise », ne suffit pourtant pas à donner de la cohérence à ce qui se révèle une enfilade de numéros de music-hall marqués par les clichés et les gags éculés.

L’humour de la pièce repose sur deux grands axes vus et revus : voir sur scène des hommes travestis pour jouer des femmes et balancer des blagues pipi-caca-popo. Or, n’est pas John Waters qui veut. Là où le cinéaste américain, de Pink Flamingo à Hairspray (l’original, pas la version aseptisée hollywoodienne avec John Travolta), allie avec brio provocation trash et travestisme, ici cela tombe à plat.

Contrairement à un Waters, il est clair que Le Gros, la vache et le mainate n’a rien à défendre, derrière la provoc’ ne se cache aucun message. La mise en scène semble avoir oublié une des règles de base de la comédie : pour que les situations soient drôles, les comédiens doivent être sincères. Or, à l’exception d’Olivier Martin-Salvan, l’interprétation se résume à un festival de cabotinage. Dans les rôles des deux tantes indignes, Jean-Paul Muel et Pierre Vial ne sont pas sans rappeler les Vamps – du comique lourd, avec force clins d’œil au public.

Le plus étonnant est peut-être finalement que Le Gros, la vache et le mainate soit programmé au Rond-Point qui nous a habitués à des productions plus subtiles. Nombreux sont les papiers élogieux qui ont déjà été publiés sur ce spectacle : à Rhinocéros, on reste perplexe.

Le Gros, la vache et le mainate de Pierre Guillois, mise en scène de Bernard Menez, théâtre du Rond-Point.
Avec : Pierre Guillois en alternance avec Gregory Gerreboo, Olivier Martin-Salvan, Jean-Paul Muel, Luca Oldani, Pierre Vial.
Crédits photographiques : David Siebert.

Rédacteur

Delphine Kilhoffer