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Le Sixième Jour de François Cervantes et Catherine Germain – La Genèse pour les nuls

Jusqu’au 22 avril 2012, théâtre de la Cité internationale

La clown Arletti vient tenir conférence au théâtre de la Cité internationale et pas sur n’importe quel sujet : la Genèse, pas moins. La voilà donc qui s’installe avec son innocence et sa panoplie de vieux professeur et se lance dans la lecture de la Création1. Arletti est un être aussi curieux que facétieux qui se demande d’où vient l’homme : pour en savoir plus, rien de tel qu’un retour aux sources. Si Le Sixième Jour intrigue et amuse par sa fausse naïveté, il n’échappe pas à quelques longueurs et un équilibre parfois trop précaire entre poésie et blague potache.

Dans notre société où la laïcité est vénérée comme une valeur absolue, il n’y a rien d’évident à montrer un spectacle fondé sur un des passages les plus célèbres de la Bible. En cela, la démarche de la compagnie L’Entreprise, qui évite les écueils de l’excès de respect ou de la moquerie facile vis-à-vis de la Genèse, mérite d’être saluée. Grâce à la naïveté propre au clown, le personnage d’Arletti semble découvrir ce texte pour la première fois, s’interroge et s’enthousiasme sur son contenu tel un enfant découvrant un conte. C’est sans nul doute l’aspect le plus réussi de ce Sixième Jour, ayant pour climax un récit « de mémoire » hilarant du cinquième jour de la création, lorsque Arletti tente de se rappeler toutes les sortes de poissons qui ont été créées et révèle la passion de Dieu pour les chiens.

Queue-de-poisson

Tout n’est malheureusement pas du même niveau dans Le Sixième Jour. L’introduction, si elle installe bien le côté enfantin du clown Arletti, s’étire inutilement en longueur. Les ruptures de ton entre poésie et humour sont inégalement gérées, notamment à cause de certains gags trop appuyés. La prise à partie du public est réalisée de façon très « cirque à l’ancienne », apportant un sentiment de déjà-vu à un spectacle qui aurait mérité une interaction plus inventive. Quant au final en forme de queue-de-poisson, il laisse sur sa faim.

Malgré une belle idée et une exécution très maîtrisée de Catherine Germain, Le Sixième Jour n’est qu’à demi convaincant. Créé en 1995, peut-être a-t-il tout simplement un peu vieilli.

Le Sixième Jour écrit et mis en scène par François Cervantes et Catherine Germain, théâtre de la Cité internationale.
Avec : Catherine Germain.
Crédits photographiques : Christophe Raynaud de Lage.

  1. Dans une version moderne en français courant. []

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