18e Bastid’Art, du 3 au 5 août 2012 à Miramont-de-Guyenne (Lot-et-Garonne)

Pendant ses vacances, Rhinocéros est allé se promener du côté du Sud-Ouest et en a profité pour déambuler dans les rues de la vieille bastide de Miramont-de-Guyenne où se déroulait le 18e Bastid’Art. Impossible de tout voir des quarante-sept compagnies à l’œuvre de par la ville, mais quelques-unes ont malgré tout capté l’attention de notre envoyé spécial.

C’était le risque, comme nous le confiait son directeur artistique Thierry Jousseins : la pluie qui avait jusque-là relativement épargné le festival des arts de la rue de Miramont-de-Guyenne a donné bien du fil à retordre au régiment de bénévoles. Le dimanche après-midi a ainsi vu le ciel se couvrir et la pluie chasser les compagnies des rues. Qu’à cela ne tienne, les organisateurs les ont réfugié sous les arcades de la ville. Filant entre les gouttes, Rhinocéros a tout de même eu le temps de s’emballer pour quelques coups de cœur.

Amour au temps d’Ikea, un spectacle de l’Espagnole Nadine O’Garra, proposait une réflexion sur l’uniformisation imposée par notre société. Entre deux monologues aux faux airs de sketch, durant lesquels l’artiste raconte une escale au célèbre magasin de mobilier suédois, elle s’en va crapahuter sur son mur d’escalade. Elle y poursuit deux silhouettes d’elle-même projetées sur la surface verticale. La jeune femme tente de rattraper une image d’elle-même parfaitement identique à celle des autres. Le résultat est un petit bijou de poésie parfaitement maîtrisé.

Avec votre permission, l’agitateur chilien Tuga promène sa folie de par les rues. Sa grande performance : se poster sur le rond-point principal de la ville et arrêter les voitures pour jouer avec elles. La foule compacte pressée autour du carrefour (avec la bénédiction de la police municipale) témoigne de la force de l’idée. Tuga prend des risques, au sens propre comme au figuré (on s’en doute, tous les automobilistes ne sont pas coopératifs). Reconquérant une asphalte confisquée depuis belle lurette par les moteurs, il s’amuse avec les conducteurs, torée avec les berlines, boxe les camions, drague les jeunes voyageuses, le tout avec la candeur d’un mime grimé, équipé d’un simple sifflet et d’un gilet fluo.

Rêve de roses, un court intermède créé par la compagnie Atchoumm (Côtes-d’Armor) qui, sans constituer un véritable spectacle, étonne avec une proposition inédite : le duo jongle avec des roses. Oui, mais des roses qui apparaissent sur… des écrans d’i-Pad ! Les quatre tablettes parfaitement synchronisées, déplacées avec élégance, donnent l’impression que les fleurs se déploient sous nos yeux et volent d’écran en écran. Le résultat visuel n’est sans doute pas au niveau de la prouesse technique, mais l’idée est là et n’attend que d’être développée.

On ne la présente plus, la compagnie Pipo Total (Ariège) a clôturé le festival devant des lambeaux de foule, éparpillée par la pluie torrentielle du dimanche après-midi. Sa Déambuloscopie, spectacle grandiose et poétique, tout de machines en fer forgé à moitié rouillé, avançant à la pédale, venait poser le parfait point final à une session qui se voulait aérienne et a réussi son pari, malgré une météo capricieuse.

Rhinocéros a profité de son passage pour prendre quelques photos dont vous pourrez admirer le grain sur sa belle page Facebook.

18e Bastid’Art, festival international des arts de la rue, Miramont-de-Guyenne (47), du 3 au 5 août 2012.

Crédits photographiques : Julien Meyrat.

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