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Les Sept Jours de Simon Labrosse de Carole Fréchette

Une semaine pour s’en sortir

Jusqu’au 11 novembre 2012, théâtre de Belleville

La dramaturge québécoise Carole Fréchette évoque les problèmes de notre société en grattant là où ça fait mal, mais sans jamais se départir de son humour et de sa fantaisie. Les Sept Jours de Simon Labrosse, peut-être sa pièce la plus connue en France, raconte l’histoire d’un chômeur qui décide de mettre en scène sa vie. Décalée, tout autant lumineuse que tragique, la pièce est un petit bijou sur la solitude et la dureté du monde actuel, servi ici par une troupe inspirée.

Avec l’aide de son ami dépressif Léo et de Nathalie, recrutée par petite annonce pour l’occasion, Simon Labrosse se propose de nous présenter une semaine de sa vie de sans-emploi. Héros candide et enthousiaste, Simon se bat avec détermination contre la fatalité, proposant toute sorte de services inédits pour répondre aux besoins de ses contemporains et retrouver du travail. Une conversation difficile vous attend avec votre femme ou votre collègue ? Simon se propose de tenir votre rôle pour que vous n’ayez pas à subir cet échange éprouvant. Vous ne vous sentez pas mis en valeur ? Simon se propose d’être votre spectateur personnel, faisant de vous une star du quotidien !

Sincérité et comédie

Dans cette mise en scène ludique et juste, Les Sept Jours de Simon Labrosse bénéficie d’une belle distribution. Cédric Revollon compose un Simon énergique et très émouvant. Dans le rôle difficile de Léo, Hervé Laudière fait une proposition fine sans tomber dans la caricature monocorde de la dépression. Quant à Ève Rouvière, elle est épatante en Nathalie, alliant sincérité et timing comique avec une efficacité redoutable. C’est la qualité de jeu de ces trois-là qui tient la pièce en équilibre constant entre comédie et tragédie.

L’ensemble garde un rythme soutenu du début à la fin et se renouvelle avec fluidité d’une scène à l’autre. La séquence jouée et chantée par les trois comédiens est une trouvaille brillante, qui ajoute une touche punk un peu rebelle inédite à Simon. C’est même si réussi que l’on aimerait que la pièce soit émaillée d’une ou deux autres chansons de ce type. On pourra éventuellement regretter que Simon perde à la fin un peu de sa joie de vivre naïve : s’il y gagne en fragilité, il y perd de sa dimension tragique.

Les Sept Jours de Simon Labrosse de Carole Fréchette, mise en scène de Claude Viala, théâtre de Belleville.
Avec : Ève Rouvière, Hervé Laudière, Cédric Revollon.
Crédits photographiques : Corinne Marianne Pontoir pour la compagnie Aberratio Mentalis.

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