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Marilyn était chauve de la compagnie Octavio

De l’ordre dans le désordre

Jusqu’au 18 février 2013, au théâtre de Belleville

Formée en 1991, la compagnie Octavio se compose de trois joyeux drilles qui mettent en scène, écrivent et interprètent leurs spectacles. Présentée comme un pot-pourri des meilleurs numéros clownesques de la troupe, Marilyn était chauve démarre dans une ambiance festive. Descendant du plafond, un panier s’offre aux spectateurs. Une voix off les invite à se servir un petit verre de vin blanc et à remplir les gobelets de l’ensemble de la salle. Bon enfant, l’introduction laisse ensuite place à un spectacle en mal de rythme et d’une once de poésie.

Sous couvert de cabaret, Marilyn était chauve abandonne l’idée d’une évolution narrative pour proposer un enchaînement de gags, de numéros, voire de parenthèses, qui ont bien du mal à former un tout. Est-ce là le concept du genre : disperser à foison pour s’émanciper de l’histoire ? Comme il apparaît vite risqué pourtant de se contenter de la seule gratuité du sketch. En effet, si certains numéros du spectacle retiennent toute notre attention (la saynète du poulpe dans la baignoire ou encore celle de la Coucoute), de nombreux autres peinent à trouver leur place dans ce désordre revendiqué – principe de base du clown.

Les intermèdes entre les saynètes sont longuets. Et bien que l’utilisation d’un spectateur lambda comme ouvreur du rideau soit astucieuse, elle n’empêche pas le rythme du spectacle de s’élever, retomber et s’essouffler sans trouver son véritable tempo. L’utilisation de vidéos souvenirs de la troupe ou encore l’invitation d’un groupe de musiciens sur scène pour une sorte d’entracte avant le grand final renforcent ce sentiment que le spectacle tourne parfois un peu à vide et ne sait pas où il veut en venir. Non que les vidéos ne soient pas drôles ni que l’idée de guest soit mauvaise, non. Mais il devient par trop évident qu’ils servent à combler les trous du spectacle en attendant que le prochain numéro soit en place. En ne les mettant pas réellement à profit comme éléments de jeu, Marilyn était chauve se tire une balle dans le pied et oublie par la même occasion de profiter du possible cadeau de l’improvisation.

L’énergie communicative du comédien Gilles Ostrowsky donne heureusement un élan loufoque à la pièce. À lui tout seul, il suscite les rires du public en assumant pleinement le débordement du clown. Sa poésie personnelle détourne le spectacle du simple gag en lui apportant de l’humanité. À force de se moquer des pièces low cost, Marilyn était chauve finit par abuser d’humilité et manquer de grandeur.

Marilyn était chauve, écrit et mis en scène par la compagnie Octavio, au théâtre de Belleville.
Avec : Sophie Cusset, Gilles Ostrowsky et Jean Matthieu Fourt.
Crédits photographiques : Compagnie Octavio.

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