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To Be Hamlet Or Not de Charlotte Rondelez

That is the question

Jusqu’au 17 mars 2013, au théâtre de Poche Montparnasse

À l’occasion de sa réouverture après deux ans de travaux, le théâtre de Poche Montparnasse présente une programmation alléchante. Se partageant entre la salle des productions plus importantes (où se joue actuellement Inventaires de Philippe Myniana avec Judith Magre) et la petite salle réservée aux jeunes compagnies, le théâtre promet une jolie ligne de programmation, entre création, rigueur et enthousiasme. Mis en scène par l’une des directrices artistiques du théâtre, Charlotte Rondelez, To Be Hamlet Or Not s’appuie sur l’histoire mythique de William Shakespeare pour en tirer une comédie en forme de mise en abyme théâtrale. Si la bonne humeur générale convainc, l’ensemble manque pourtant de précision et d’un vrai enjeu  dramaturgique.

Hamlet ne veut plus être Hamlet. Aigri, il se languit d’une vie qui lui permettrait, enfin, d’accéder au bonheur. Pour s’extirper du marasme existentiel, voilà notre héros nordique projeté hors de son livre et contraint d’en découdre avec Moby Dick, Alice au pays des merveilles, En attendant Godot… En posant la question de la liberté et des choix à travers un récit rigolo et sans prétention, la metteuse en scène Charlotte Rondelez annonce une couleur burlesque et bon enfant.

Un plateau tournant en bois permet aux comédiens de profiter de la salle à 360 degrés. Naissent des mouvements de course-poursuite intéressants et des enchaînements physiques pertinents. Quel dommage pourtant que cette scène tournante ne soit pas mieux exploitée. Rapidement oubliée, elle est à l’image de To Be Hamlet Or Not : ingénieuse mais insuffisante. En s’affranchissant de toute forme de poésie scénographique (pas de réel travail sur la lumière ni sur le son), la pièce s’engouffre du côté du café-théâtre tout en tentant pourtant le pari d’un théâtre physique. Certaines saynètes ont l’avantage d’être chorégraphiées avec précision et créent de jolies propositions autour d’un travail onomatopéique et clownesque. Mais sous couvert d’énergie, les comédiens forcent souvent leur jeu. La fougue générale empêche la clarté corporelle. La légèreté devient lourdeur et le festif se prend les pieds dans le tapis.

La volonté de faire rire les spectateurs en créant du gag embarrasse. Elle insiste sur les effets sans offrir pourtant l’espace d’une vraie respiration. Sans autre alternative que l’humour, les quelques scènes plus intimes manquent de consistance. La faute au texte ? La faute aux comédiens ? La faute à qui ? Peut-être à une mise en scène qui en cherchant à ne pas se prendre au sérieux finit par en manquer.

To Be Hamlet Or Not, écrit et mis en scène par Charlotte Rondelez, au théâtre de Poche Montparnasse.
Avec : Paul Canel, Pauline Devinat, Céline Espérin, Julien Le Provost et Aymeric Lecerf.
Crédits photographiques : Alejandro Guerrero.

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