on_a_fait_thumb
On a fait tout ce qu’on a pu mais tout s’est passé comme d’habitude de Philippe Fenwick

Chemin de croix

Jusqu’au 14 avril 2013, théâtre 13 Seine.

Philippe Fenwick, dans son propre rôle, raconte trois ans de lutte acharnée pour réaliser son rêve de théâtre-cirque itinérant de Brest à Vladivostok en Transsibérien. Trouver des sponsors, des financements, écrire et monter son spectacle… Ce qui s’annonçait, sur le papier, comme un « cauchemar kafkaïen » s’épuise au final en une logorrhée bien terre à terre, emballée dans un dispositif scénique ambitieux mais qui sonne creux.

Réunir des financements pour monter un spectacle, voilà un sujet brûlant à l’heure des coupes budgétaires tous azimuts dans le domaine culturel. En partant de son expérience et en y collant étroitement, Philippe Fenwick a choisi de ne pas poser de questions qui dépassent le cadre de celle-ci. Ni politique ni artistique. Commencé à la première personne du singulier par « Je m’appelle Fenwick », On a fait tout ce qu’on a pu, mais tout s’est passé comme d’habitude tournera entièrement autour de ce « je ». Pourquoi pas. Mais qu’est-ce qui anime ce « je » qui se démène tous azimuts sans vraiment habiter son propos ? Pourquoi tant d’acharnement à monter ce projet ? Un bref passage sur le divan du psy ne nous dira pas grand-chose sur le sujet. Alors, il reste de trop longues phases d’obstination à frapper aux portes, à convaincre des investisseurs potentiels sans que le texte ni son interprétation n’aient quoi que ce soit de convaincant. Gestes démesurés et saccadés, colères éructées, vestes arrachées et jetées sur le sol, coups de poing dans un sac de boxe composent une espèce de fourre-tout épileptique. On est parfois tout près du petit garçon qui tape des pieds en réclamant son jouet.

Pièce-montée surchargée

Pour scénographier sa quête, Philippe Fenwick s’entoure de deux artistes. ZED joue des platines et passe des tubes planétaires de Cure, des Rolling Stones ou de Joe Dassin avant de se lancer dans un rap survolté qui dit la folie guettant notre chasseur de primes. Pourquoi tous ces tubes si ce n’est pour finalement noyer le poisson ? L’ensemble du dispositif scénique assez ambitieux ne change rien à l’effet de gâteau surchargé en colorants pour appâter le gourmand.

La prestation de la funambule Sarah Schwartz, elle, a de quoi impressionner. Son regard perçant, son sourire énigmatique et sa maîtrise absolue de son art font planer une aura de mystère. Et lorsque son cochon domestiqué déroule le tapis rouge pour un numéro de dressage acrobatique entre belle et bête, on touche à la démesure du rêve dont on ne cesse d’entendre vainement parler depuis une bonne heure. Enfin !

Le spectacle finira par se monter et par prendre la route. Pourquoi ne pas nous en montrer quelques images ?

On a fait tout ce qu’on a pu mais tout s’est passé comme d’habitude, écrit et mis en scène par Philippe Fenwick, théâtre 13 Seine.
Avec : Philippe Fenwick, Sarah Schwartz et ZED.
Crédits photographiques : Pierre François.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *