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El Tigre d’Alfredo Arias

Le kitsch, c’est chic !

Jusqu’au 12 janvier 2014, théâtre du Rond-Point

On connaît le goût d’Alfredo Arias pour les films de série Z, les kitscheries sucrées, la chanson et le travestissement. El Tigre rassemble tous ces éléments dans une pantomime aux allures de grand cocktail fou-fou. Naviguant entre perles magiques et plages d’ennui, le spectacle produit un effet similaire aux films d’Ed Wood auxquels il fait référence : à la fois fascinant et quelque peu indigeste.

El Tigre d'Alfredo AriasDans sa maison qui fait face au delta du Tigre, le travesti Holy cherche à organiser un hommage à sa star préférée, Lana Turner. Avec sa bonne et ses amies, il veut rejouer le dernier grand film de Turner, Mirage de la vie. Malgré les efforts de l’étrange mais sympathique fée Fatafatale, personne n’est d’accord sur le rôle qu’il souhaite interpréter, jusqu’à l’arrivée du fantôme de l’actrice hollywoodienne dans le salon de Holy, bientôt suivi d’autres apparitions tout aussi étonnantes.

La trame narrative est clairement le talon d’Achille d’El Tigre : souvent confuse et trop bavarde, elle sert d’excuse pour réunir des éléments disparates qui peinent à trouver une cohérence. Les thématiques de fond – identité et identification, féminité et masculinité – ont du mal à émerger clairement, des sujets qu’Arias a pourtant déjà abordés avec panache, comme dans Tatouage.

Grâce à la qualité des comédiens, les personnages hauts en couleur prennent vie dans des codes de jeu très stylisés qui les transforment en poupées aux grands gestes volontairement ridicules. Dans le rôle de Lana Turner elle-même, Arielle Dombasle est parfaite : star et désuète à souhait, ne craignant pas le second degré, elle s’amuse et offre au spectacle un de ses meilleurs moments lors de son speech d’adieu.

El Tigre compte pas moins de trente et un titres, accompagnés live par un quatuor à cordes. Là aussi, de nombreux registres sont couverts, en fonction des interprètes : les styles de chant vont de l’opéra à la variété, dans un brassage vocal surprenant. Une bande son à l’image du spectacle : techniquement réussie, souvent appréciable, mais jouant sur tellement de tableaux que l’on s’y perd.

El Tigre de et mis en scène par Alfredo Arias, théâtre du Rond-Point.
Avec : Denis D’Arcangelo, Carlos Casella, Arielle Dombasle, Alejandra Radano, Andrea Ramirez, Alexie Ribes et le quatuor à cordes Christophe Guiot,  Elisabeth Pallas en alternance avec Anne Villette, François Gneri ou Emmanuel François, Jean-Philippe Audin.
Crédits photographiques : Alejandra Lopez.

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