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Perdues dans Stockholm de Pierre Notte

Les drôles de dames

Jusqu’au 29 juin 2014, théâtre du Rond-Point

Lulu a besoin d’argent pour se faire opérer et devenir la femme qu’il/elle a toujours été. Alors elle enlève la présidente d’honneur du festival de Deauville, pensant récupérer une belle rançon pour sa libération. Du moins, c’est ce qu’elle croit. Mais Lulu s’est trompée de cible : elle a kidnappé une actrice de seconde zone que personne ne connaît. Et ce n’est pas la tante de Lulu, joueuse invétérée portée sur la boisson, qui va arranger la situation… Pourtant, du fond de leur mobil home témoin, ce trio aussi doué pour le crime qu’un éléphant pour se balader dans un magasin de porcelaine se refuse à lâcher ses rêves.

Auteur et metteur en scène, Pierre Notte nous invite à prendre le parti de cette petite équipe de bras cassés de la vie pour qui il éprouve une tendresse évidente. Chacune rêve d’une autre version d’elle-même : geisha, star de la scène ou femme jusqu’au bout du vagin. Et si leurs fantasmes peuvent parfois sembler gentiment décalés, ils leur servent de moteur et vont les emmener dans de drôles d’aventures normandes, entre pédalo, mini-golf et casino.

Grâce à un casting réussi de trois comédiens impeccables et aux profils très différents, on s’attache aux personnages de Perdues dans Stockholm. Mais si la pièce n’est pas dénuée de charmes, elle pâtit en revanche d’une construction qui ressemble un peu trop à une enfilade de sketches. Une impression renforcée par les variations dans l’écriture même : parfois un peu verbeuse, parfois flirtant avec l’absurde ou encore avec l’improvisation. Au final il semble manquer une montée en puissance, un point d’orgue où la folie contaminerait tout et donnerait une véritable amplitude à l’ensemble.

Le paradoxe de Perdues dans Stockholm est de nous faire aimer des personnages déjantés mais de rester trop sage, de ne pas leur donner leur vraie démesure.

Perdues dans Stockholm, écrit et mis en scène par Pierre Notte, théâtre du Rond-Point.
Avec : Juliette Coulon, Brice Hillairet, Silvie Laguna.
Crédits photographiques : Cie Des gens qui tombent.

5 réflexions sur “Perdues dans Stockholm de Pierre Notte

Les drôles de dames

  1. Courageux et honnéte;

    C’est ce que nous voulions savoir;

    Merci et vive le Strymodore!

    Béatrice Javalais

  2. Et surtout regardez(jusqu’au bout!) sur You tube « Poeme de Strymodore aux donateurs et futurs donateurs »
    C’est fin,bien construit,écrit et surtout original et d’une très grande drolerie poetique!

  3. Extrait de Lysistrata,piece de theatre et musical punk(jamais fait!): « Si nous voulons forcer nos maris à faire la paix,nous devons nous passer d’eux….de…. bites! »
    « À chaque fois qu’elle mange une banane,une carotte,elle soupire: AAAAH! »
    « Ah! Les femmes,quelle bande de salopes! »
    La puissance du verbe,à la fois poétique,drole et engagé!
    Joué au grand theatre du 20eme à guichet fermé!
    Dès que çà rejoue on se passe le mot!

  4. Mis en scene par Delphine Kilhoffer avec Gwendoline Soublin(voir (d’urgence) la video du Strymodore!)

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