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Première balle de Hervé Langlois

Banc de touche

Jusqu’au 28 juin, théâtre de Belleville

Se raconter dans une pièce autobiographique et sportive, voilà le défi d’Hervé Langlois ! Clown formé entre autres par Vincent Rouch et Arianne Mnouchkine, le sieur à l’allure britannique dirige la Royal Clown Company depuis 1995. Tour à tour formateur, clown et auteur de ses spectacles, l’homme interprète ici son propre rôle, celui d’un garçon qui a joué au tennis puis s’est empêtré dans les tourbillons de sa vie. Assez (volontairement) décousu, Première balle raconte tout et rien, mais surtout rien, à cheval entre le grand bazar assumé et le fourre-tout non maîtrisé.

Première balleLe plateau est recouvert d’un gazon vert à la Wimbledon. Ici et là, éparpillés, des éléments de décors inutiles et peu esthétiques. Des vidéos viennent ponctuer la pièce d’intermèdes étranges : à quoi servent-ils sinon au changement de costume du comédien ? À défaut d’être léchée, la scénographie de Première balle ne ressemble à pas grand-chose et empêche le plaisir esthétique des spectateurs. Hervé Langlois ne se préoccupe  ni d’élégance ni d’onirisme, il incarne sa vie sans trop savoir comment la raconter. De ce non-lieu dramaturgique dont le tennis serait un supposé fil rouge, il résulte une heure de spectacle hybride où le comédien alterne facéties et cabotinages. Quant à dire ce que cela raconte…

La véritable question est posée : pourquoi Hervé Langlois, pourquoi sa vie ? Si toute histoire mérite d’être racontée, encore faut-il que le point de vue adopté saisisse le spectateur. La plupart du temps, les éléments et paroles s’enchaînent ici sans faire mouche et impacter. Vide, le propos n’existe pas. Embrouillée, la trame n’en est pas une. Et si Langlois n’hésite pas à le dire lui-même à l’intérieur du spectacle, il convient d’en douter :  faire sa propre critique, est-ce que cela désarme pour autant la critique ? Pas vraiment. En justifiant ses loupés par l’intermédiaire d’une mise en abyme assez prétentieuse, le clown-comédien tourne en rond et rate l’essentiel : nous faire rire.

Heureusement, c’est quand il lâche enfin son cynisme et se jette à corps perdu dans le clown, sans intellectualisation de mauvais augure, que Hervé Langlois brille. La dernière scène où, couvert de farine il tente désespérément de pleurer comme tout bon comédien doit savoir le faire, crée enfin de la jubilation. Rien ne vaut la fiction ?

Première balle, écrit et mis en scène par Hervé Langlois, théâtre de Belleville.
Avec : Hervé Langlois.
Crédits photographiques : Royal Clown Company.

5 réflexions sur “Première balle de Hervé Langlois

Banc de touche

  1. Chère Dolores Javalais, nous avons supprimé votre commentaire qui relève de l’attaque personnelle mais n’hésitez pas à laisser vos impressions sur le spectacle « Première Balle ! ».

    Delphine Kilhoffer
    Directrice de publication

  2. Ce spectacle m’a fait penser à cette phrase de Bernanos « Les ratés ne vous rateront pas! »,rien à voir avec les spectacles qui meprisent pas les enfants sur le mode passif agressif,genre faut bien bouffer, »la grosseur çà ne veut rien dire » dit un personnage mais quid de l’autre,celui qui sur un sycomore,est poete à ses heures…Et quel poete! genereux,sensible,drole à la video et à la coherence; hourra à la vie,à l’amour à la vite fait bien fait; Déssine moi un mouton ? lui dit son ami…courez la culotte à la main,foin de cynisme et de farine! Béatrice S

  3. Oui,c’est vrai,,excusez moi,la liberté d’expression a des limites;

    Mais je vous invite tous à regarder sur vimeo « Le Strymodore,poete à ses heures… »C’est drole,original et sensible!

  4. Petite précision:à la fin,il ne s’agit aucunement de « clown »

    Merci

    HL

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