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Mon ombre de Juliette Prillard

Avis partagés

Jusqu’au 27 juillet 2014, Espace Alya – AVIGNON

Le spectacle Mon ombre de Juliette Prillard a partagé les avis de notre rédaction…

Difficile, quand on est clown, de raconter une histoire sans s’emmêler les pinceaux. La comédienne Juliette Prillard campe une Muguette un peu empotée qui se débrouille avec les moyens du bord pour narrer. Ce sera Mon ombre d’Andersen, drôle d’histoire où un savant (au langage fleuri et à la philosophie de comptoir) se défait de son ombre et finit par se faire abuser par elle : le corps l’emportera sur l’esprit et les génies finiront enfermés, semble nous dire le conte danois.

L’écriture de ce  spectacle jeune public est ambitieuse. Le langage se cueille ici avec délice et les rires se récupèrent dans les drôles de facéties des marionnettes étranges de Muguette – inspirées des peintures de Soutine. Cet univers sombre et poétique manque de précision et sa conclusion en forme de pied de nez n’est guère convaincante, mais il reste appréciable de voir des spectacles qui se distinguent en proposant aux plus jeunes des bizarreries toutes réfléchies qui s’émancipent des happy end usuels – ou en s’en moquant, justement.

Gwendoline Soublin

Le spectacle commence avec une clown qui peine à nous faire rire, au milieu d’un décor fait de bric et de broc guère inspirant. Mais elle nous annonce avoir une histoire à raconter… Vaguement inspiré d’un conte d’Andersen, Mon ombre peut laisser pour le moins perplexe. Dans le rôle de la clown-narratrice, Juliette Prillard s’agite pendant une heure, nous inflige des effets d’ombres patauds et des manipulations de marionnette sans technique. La pièce ne raconte pas grand-chose et se perd très vite dans des délires verbaux sans intérêt que les rimes ne suffisent pas à rendre poétiques.

On ressort de cette représentation en ayant l’impression d’avoir assisté à une longue séance d’improvisation pour le moins maladroite. Une esthétique moche au service d’un néant narratif : il y a décidément mieux à voir dans ce foisonnant Festival 2014.

Delphine Kilhoffer

Mon ombre de Juliette Prillard, mise en scène de Mélanie Depuiset, Espace Alya.
Avec Juliette Prillard.
Crédits photographiques : Compagnie Ma grand-mère production.

3 réflexions sur “Mon ombre de Juliette Prillard

Avis partagés

  1. j’ai rit sans peine aucune, la scénographie au service de la dramaturgie nous emmène grâce à muguette dans un tourbillon de mise en abime de l’ombre, de l’image de l’ombre et de l’ombre de son ombre en plus du traditionnel Narrateur/narré.

    C’est drôle, ça vit, ça s’emmêle et se démêle, c’est presque triste parfois, ça nous pose la question du pouvoir de l’humour comme arme… encore faut-il en avoir pour apprécier cette muguette un peu brute de décoffrage et si touchante.

  2. Attiré par une critique si hargneuse, j’ai été voir Mon Ombre. J’ai été très surpris, agréablement : ce drôle de spectacle ne prend pas les enfants pour des imbeciles et les amusent beaucoup. Quant aux adultes en ressortent ravis,en tout cas ceux qui l’ont vu avec moi. L’adaptation de l’ombre est parfaitement fidèle, je l’ai lu il y six mois; l’apparente simplicité des manipulations relève de la dextérité (j’admets qu’il faut s’y connaitre en marionnettes pour le percevoir) Le texte est une merveille et la clowm vraiment touchante. bref j’ai fini par comprendre que votre article était écrit au second degré et je me suis trouvé bête de ne pas l’avoir compris avant. Par contre je ne comprend pas l’interet de simuler un avis partagé. En tout cas merci pour cette lumineuse découverte. faites attention tout de même, votre plume enragée et gratuite pourrait laisser croire que vous ne comprennez rien au spectacles que vous critiquez, ça serait dommage de laisser vos lecteurs passer à coté de votre second degré.bravo encore et merci.

  3. De retour du festival, j’ai cherche a trouver des dates de tournee pour recommander le spectacle a des membres de ma famille, et j’ai ete tres surpris de trouver cet article. Que d’acharnement sur ce petit bijou alors qu’il y tellement de spectacles reelement mauvais au festival qui meriteraient d’etre remis a leur place par ce rhinoceros tranchant. Clairement, ce spectacle est au dessus de la moyenne et touche par son originalite. Bien sur chacun a le droit d’aimer ou pas d’aimer, mais il est etonnant que le jugement du journaliste soit aussi negatif. Un decor moche et de bric et de broc? Pour moi il n’est pas sans evoquer certains collages de georges Braque, je trouve aussi tres original le resultat obtenu a partir de materiaux de recup. En particulier les deux meubles supports d’appui des marionettes ont des couleurs jolies et degagent beaucoup de poesie, ce qui demontre le savoir faire inspire du createur. Un neant narratif ? Au contraire, on est transporte dans une histoire joliement racontee pendant une heure. Elle s’agite pendant une heure? C’est logique, vu la variete des manipulations qui font le bonheur du spectateur: jeu de clown, parentheses ouvertes avec des scenettes dans les valises, projections d’ombre sur l’ecran, manipulation des marionettes, mouvements et changements du decor, videos. Je trouve au contraire que la comedienne realise une belle performance pour porter toute seule autant de variete et de rythme dans le spectacle. Une improvisation? La seule que je vois est celle utilisee pour accueillir les spectateurs au debut et pour les faire sortir a la fin. Le reste est parfaitement coordonne et semble construit minutieusement.

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