tpa_thumb
Entretien avec David Roux, des Théâtres parisiens associés

Créée en 2010, la marque « Théâtres parisiens associés » regroupe la cinquantaine d’établissements adhérents de l’Association pour le soutien du théâtre privé (ASTP). Son directeur de la publication et responsable de la communication David Roux nous éclaire sur les actions de cette organisation.

Pourquoi avoir créé une « marque » Théâtres parisiens associés ?

David Roux : Nous avons fondé cette enseigne en mars 2010, en même temps que notre site Internet. La notion de « théâtre privé » n’est pas toujours très parlante auprès du grand public, nous avons donc cherché un nouveau nom. Les Théâtres parisiens associés regroupent en fait les cinquante-trois membres de l’ASTP, qui a été fondée en 1964 afin de gérer un fonds de soutien entre théâtres privés, un peu comme le CNC avec le cinéma. L’ASTP perçoit une taxe fiscale sur les billets et redistribue aux adhérents afin de les aider à amortir les éventuels échecs. Ses théâtres ont pour spécificité d’être des « producteurs », ils assument les dépenses inhérentes à la création des pièces, prennent des risques, c’est pourquoi ce fonds de solidarité est nécessaire.

À quoi sert le site de la marque ?

TPA_reassurance_slider_home_002D.R. : Ces dernières années, nous avons constaté deux mouvements : d’une part les salles de théâtre se multiplient, et l’offre avec, mais ce n’est pas forcément une bonne chose pour la profession. Beaucoup des salles ouvertes récemment sur Paris ne sont que des « garages », des lieux loués à prix d’or à des compagnies avides de jouer. Au-delà du fait qu’ils ne respectent pas toujours les normes de sécurité, ces endroits conduisent parfois les comédiens à payer pour pouvoir jouer, ce qui est en totale contradiction avec une situation normale. Par ailleurs cette inflation a contribué à diluer l’offre théâtrale et à envoyer un signal négatif au public. Parallèlement, de nouveaux opérateurs sont apparus sur le net, proposant des billets à tarif réduit. Les exploitants de théâtre ont longtemps laissé de côté la vente en ligne et se sont ainsi privés d’une ressource désormais essentielle. La nouvelle génération d’exploitants est plus sensible à cette problématique. Notre site est un outil que nous mettons à leur disposition, sur lequel ils peuvent mettre en vitrine leurs offres du moment. Nous avons opéré une refonte complète en 2014, et les premiers retours sont très positifs.

Concrètement, comment fonctionne le site ?

D.R. : Chaque théâtre membre a accès au site pour exposer ses offres. Un clic sur le bouton « Réserver » renvoie sur le site du théâtre lui-même. Nous n’avons pas de publicités, et chaque théâtre reste souverain quant aux offres qu’il propose, promotions, formules, dernière minute… Nous avons toutefois conservé deux dispositifs historiques de l’ASTP : « les premiers aux premières », qui propose des places à 50 % pendant les deux premières semaines d’exploitation d’un spectacle, pour alimenter le bouche à oreille, et les « places jeunes à 10 euros », dont nous imposons un certain quota aux adhérents. Le site propose en outre des vidéos, des bandes-annonces…

TPA_reassurance_slider_home_001En termes de production, l’association n’impose rien ?

D.R. : Les théâtres sont totalement libres de produire ce qu’ils veulent. Beaucoup sont très identifiés, certains sont connus pour leur travail de recherche théâtrale, d’autre pour le contemporain, d’autres pour le vaudeville… Ça va de Laurent Terzieff à Jean Lefebvre. L’adhésion à l’association implique en revanche de se conformer à la charte d’éthique : l’adhérent s’engage à payer les comédiens, techniciens, auteurs… au juste prix, à respecter les normes de sécurité, les conventions collectives, etc. Bref, les conditions saines pour qu’un théâtre vive normalement.

Et dans l’avenir, que prévoyez-vous ?

D.R. : Nous sortons d’une période assez intense : sortie du nouveau site, grande campagne d’affichage dans le métro parisien, partenariat avec des médias en ligne… nous allons maintenant laisser le site prendre son envol. Pour l’heure la fréquentation a fortement progressé, nous en sommes à plus de 100 000 visites uniques par mois. Quant aux salles elles-mêmes, s’il est trop tôt pour estimer l’impact du site, on observe que l’année 2014 est nettement meilleure que 2013, elle-même bien meilleure que 2012.

Le site Internet des Théâtres parisiens associés.

Le site de l’Association pour le soutien du théâtre privé.

Une réflexion sur “Entretien avec David Roux, des Théâtres parisiens associés

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *