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Et pendant ce temps Simone veille, Création collective

Merci Simone

Jusqu’au 3 janvier 2015, Comédie Bastille

Soixante ans d’évolution des droits de la femme vues à travers l’histoire de trois lignées sur quatre générations. Du slogan des années 1950, « Moulinex libère la femme », au parcours du combattant de certaines aujourd’hui pour faire un enfant toute seule, le militantisme féministe est passé par là. Mais parce que rien n’est jamais totalement gagné, Et pendant ce temps Simone veille remet quelques pendules à l’heure sur un ton joyeusement mordant. Entre rire et autodérision, le combat continue.

et_pendant3En 1950, Marcelle, France et Jeanne sont mariées et toutes les trois mères au foyer plus ou moins résignées. Dans les années 1970, leurs filles mènent des combats virulants pour le droit à la pilule et à l’avortement notamment. Vingt ans plus tard, leurs petites-filles musclent leur corps et se pâment devant des chippendales bodybuildés et la génération suivante fait les soldes en envisageant de faire un bébé en solo. Quatre générations, quatre contextes et quatre façons de vivre sa vie de femme. Des lois majeures sont passées par là ( légalisation de la pilule, droit à l’avortement…)  et la société s’est transformée sous l’impulsion de femmes déterminées, Simone Veil notamment, à qui cette pièce rend hommage comme symbole de toutes les militantes célèbres ou anonymes. Il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui encore les hommes gagnent 25 % de plus que leurs compagnes à poste égal et que la loi interdisant le port du pantalon aux femmes n’a été abrogée qu’en… 2013.

Et pendant ce temps Simone veille déroule des scènes de la vie quotidienne entrecoupées de parodies de chansons. Même si les situations sont plutôt attendues, le texte drôle et ciselé emporte la mise. Le spectacle est rythmé par l’intervention de Simone, personnage fort en gouaille coiffé d’un plumeau, qui siffle des arrêts de jeu afin de mettre quelques points sur les i. Car il est bon de rappeler qu’il n’est pas si loin le temps où une femme n’avait pas droit à l’indépendante financière et ne pouvait pas plus divorcer sans l’accord de son mari. Mai 68 est passé par là. La femme dispose désormais de son corps comme elle l’entend. Sauf que rien n’est tout à fait gagné. Le danse du tchador vient le rappeler très à-propos. Vigilance.

Difficile de ne pas se laisser emporter par la jubilation communicative des quatre protagonistes de cette comédie militante qui se place du côté du rire intelligent. Un moment réjouissant à vivre en famille, toutes générations confondues.

Et pendant ce temps Simone veille, de et avec Corinne Berron, Bonbon, Hélène Serres, Vanina Sicurani et Trinidad, mis en scène par Corinne Berron et Trinidad, Comédie Bastille.
Crédits photographiques : Fabienne Rappeneau.

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