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Yolanda le premier jour d’Olivier Pochon

Sans identité

Jusqu’au 28 février 2015, À la folie théâtre

À la veille de sortir de prison, un homme fait le point sur sa vie. De ce récit qu’il adresse à Mario, son ancien compagnon de cellule et amant, mort depuis des années, émergeront les raisons de son incarcération, ses rapports avec son père, sa fascination pour le feu et sa passion pour Dalida. Entrecoupée d’extraits de chansons de l’idole interprétés en live, Yolanda le premier jour se perd dans une accumulation de facettes du personnage-titre sans parvenir à composer un tout homogène.

yolandaYolanda était le véritable prénom de Dalida. La pièce tourne autour de l’idolâtrie d’un homme pour celle qui lui a donné la force de devenir pleinement lui-même ou plutôt elle-même. À ce moment-clé de sa vie, il revisite toute son histoire, de son enfance soumise à un père maltraitant jusqu’aux incendies volontaires qui l’ont conduit à faire vingt ans de prison ou encore à ses amours avec Mario, son compagnon de cellule et amant. L’homosexualité, le culte d’une star, l’enfance blessée, la fascination pour le feu, tout est prétexte à endosser le costume de l’idole et à interpréter des chansons extraites de son répertoire, méconnues pour la plupart. Leur point commun : elles évoquent toutes le feu.

En mêlant intimement la vie douloureuse de son personnage à celle de Dalida, l’auteur s’appuie sur la dimension tragique de la chanteuse. L’idée est intéressante car on sait désormais qu’elle n’était pas l’être de lumière dont elle endossait le costume sur scène. Mais hélas, tout est trop explicite, trop didactique et sans une distance artistique nécessaire pour transcender le propos. Le spectateur est soumis à un flot d’émotions mal maîtrisées qui brouillent la perception que l’on peut avoir de cet homme. L’homme blessé, le pyromane, l’amoureux, le passionné de Dalida… toutes ces facettes ne parviennent jamais à s’assembler pour donner forme à une image nette. Elle flotte et se dérobe. On ne peut pas non plus sous-estimer le problème de l’interprétation qui n’engage pas à l’empathie avec le personnage.

Plus que la question du genre – être homme ou femme – Yolanda le premier jour pose la question de donner une identité à tout personnage de théâtre.

Yolanda le premier jour, d’Olivier Pochon, mis en scène par Marc-Antoine Allory, À la folie théâtre.
Avec : Olivier Pochon et Marie-Laure Chanet.
Crédits photographiques : Compagnie La Servante.

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