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Marie Tudor de Victor Hugo

Reine de coeur

Jusqu’au 25 avril 2015, La Pépinière théâtre

Est-il possible de concilier amour et raison d’Ètat ? Sous l’aspect d’un drame historique, Marie Tudor est une fresque humaine montrant une femme en prise avec les règles d’un monde d’hommes dominant qui l’écrasent. Servie par l’écriture exaltante de Victor Hugo, des comédiens et une mise en scène inspirés, la pièce traverse les siècles et se déguste comme une tragédie moderne où la tension va crescendo dans un suspense intense.

MARIE TUDOR 4La cour d’Angleterre au XVIe siècle est un nid de conspirateurs qui complotent pour faire chuter Fabiano Fabiani, amant de la reine Marie Tudor. Or, cet aventurier italien la trompe avec la jeune Jane, fiancée à l’ouvrier Gilbert qui l’a recueillie enfant et veut l’épouser. Mise au courant de la trahison de son amant, la reine fait un pacte avec Gilbert, désespéré lorsqu’il apprend la tromperie de Jane et prêt à mourir pour sauver l’honneur et la fortune de sa bien-aimée. Ce pacte conduira les deux hommes à l’échafaud. Mais, déchirée par son amour, la souveraine renonce finalement à sa vengeance et veut sauver la tête de son amant dont le peuple réclame la mise à mort. Jane, elle, s’emploie à sauver Gilbert dont l’amour inconditionnel et pur a réveillé le sien. Les deux femmes se battront chacune pour l’homme qu’elles aiment mais un seul pourra échapper à la mort.

Marie Tudor se joue dans une tension permanente entre conspirations, trahisons et vengeances. Dans ce monde masculin fait de violence et de haine, deux femmes sont prêtes à tous les renoncements pour faire triompher l’amour. Déchirée entre son rang et son cœur, Marie Tudor prendra le risque de se perdre parce qu’elle est femme avant d’être reine. Elle aime cet homme quoi qu’il lui ait fait et se démènera comme une lionne pour le sauver. Dans le rôle titre, Christiana Reali est de bout en bout majestueuse en passionaria d’abord assoiffée de vengeance puis désarmée comme une jeune fille sous l’emprise de la passion. La comédienne vacille de désespoir puis se relève, superbe, pour hurler son amour plus fort que son honneur. Elle passe d’un registre à l’autre avec le même aplomb, la même détermination et porte en elle le souffle épique de la pièce.

Sur scène, l’ambiance est sombre et inquiétante, façonnée par des éclairages en demi-teintes soulignant habilement la tension qui règne. On est dans les cachots de la Tour de Londres, dans les alcôves de la reine, dans les couloirs sombres du palais où tout se joue en secret. Les riffs de guitare électrique font monter encore la tension d’un cran.

Entre trame historique, mise à nue de l’âme humaine et suspense intense, Marie Tudor donne à voir du grand et beau théâtre.

Marie Tudor de Victor Hugo, mis en scène par Philippe Calvario, La Pépinière théâtre.
Avec : Christiana Reali, Jean-Philippe Ricci, Jean-Claude Jay, Philippe Calvario ou Benjamin Guillet, Régis Laroche ou Pierre-Alain Leleu, Jade Fortineau, Anatole de Bodinat, Stanislas Perrin, Pierre Estorges, Robin Goupil, Valentin Fruitier et Thomas Gendronneau.
Crédits photographiques : Florian Fromentin.

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