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Vincent de Leonard Nimoy

Faible plaidoyer

Jusqu’au 4 avril 2015, Ciné XIII théâtre

Quelques jours après la mort de son frère Vincent, Théo Van Gogh évoque le parcours de ce génie incompris. Des rumeurs circulant sur son compte, Théo compte rétablir la vérité et rendre justice à ce frère qu’il aimait profondément et qu’il a entretenu toute sa vie. L’occasion de mieux percevoir qui était l’homme derrière le peintre maudit. Hélas, le parti pris trop didactique du texte et le manque de relief de la mise en scène rendent ce plaidoyer assez faible.

Qui était Vincent Van Gogh ? Un homme à part mais sans doute pas le fou que certains décrivaient nous dit son frère. Un homme qui aimait les situations désespérées, un être hyper sensible, très émotif et qui ne s’aimait pas. Théo tire le fil de cette vie de souffrance en partant de son premier métier de prêtre jusqu’à son suicide à Auvers-sur-Oise à l’âge de 37 ans.

Vincent1Seul en scène, le comédien lit des lettres de son frère se débattant avec ses démons, s’engageant dans des voies sans issues ou se heurtant à l’incompréhension des autres. Il se souvient aussi de dialogues échangés qu’il ponctue de son point de vue accablé face à tant de gâchis. Vincent laisse percevoir un homme irrésistiblement attiré par la détresse humaine et incapable de rentrer dans les rails de la société. On y lit la solitude de l’artiste, on y découvre le génie incompris, ses émotions à fleur de peau, sa fièvre créatrice, l’hostilité de la société avec, en toile de fond, la relation compliquée mais pleine d’amour entre les deux frères.

Mais plutôt que de laisser parler l’artiste à travers ses lettres, l’auteur a pris le parti de mettre les points sur les i, confrontant ce génie à ses actes par la voix de son frère. Censé être son avocat, Théo ne cesse de regretter le comportement hors norme de son frère, lui fermant tout espoir d’être compris et accepté. Est-ce vraiment là la meilleure façon de prendre sa défense ? N’aurait-t-il pas mieux valu laisser émerger ce qui faisait sa singularité artistique ?

Quant à la mise en scène de Vincent, elle est des plus classiques avec, pour seul effet notable, le défilé de plusieurs tableaux de l’artiste sur le mur de fond de scène. Et si le jeu d’acteur est plutôt juste, on regrette que le comédien bute trop souvent sur les mots.

Alors oui, on en sait davantage sur l’inexorable descente aux enfers de Vincent Van Gogh, mais c’est là le plus grand intérêt de cette pièce qui manque le but qu’elle s’était fixé.

Vincent de Leonard Nimoy, mis en scène par Paul Stein, Ciné XIII théâtre.
Avec : Jean-Michel Richaud.
Crédits photographiques : Yana Gorskaya.

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