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Play House de Martin Crimp

Chroniques de la violence ordinaire

Jusqu’au 26 juin 2015, théâtre de Belleville

C’est quoi un couple ? Pourquoi ça tient, pourquoi ça craque ? En quoi le quotidien est-il destructeur ? Play House observe à la loupe ces petits riens qui font capoter les histoires d’amour et dénonce une certaine duperie de la vie à deux. Un plaidoyer quelque peu manichéen qui, par la répétition méthodique de scénarios trash, finit par faire cliché.

Ils sont jeunes, heureux, amoureux, viennent d’emménager ensemble et tout les ravit. Pourtant, quelque chose sonne faux dans leur bonheur parfait, comme s’ils se racontaient des histoires. Sous leurs comportements de marionnettes, le vernis ne tarde pas à craquer.

play housePlay House se découpe en treize scènes illustrant, chacune, une situation de la vie quotidienne : se brosser les dents, nettoyer le réfrigérateur, post-coïtum… Mais le quotidien n’est pas un long fleuve tranquille selon Martin Crimp et chaque scène dérape de façon abrupte jusqu’à flirter avec le malaise. Quel cauchemar que la vie à deux, quel piège implacable !

L’auteur travaille en négatif, mettant en lumière la face cachée des êtres et révélant ce que tentent de dissimuler leurs comportements sociaux. Et il y a de quoi se régaler à voir la dichotomie que peuvent être nos vies entre les histoires que l’on se raconte pour se donner l’illusion du bonheur et la réalité que l’on ne veut pas voir pour éviter de souffrir. Pour mettre à jour la duperie, l’auteur adopte un parti pris démonstratif et s’appuie sur une somme d’exemples annoncés haut et fort par une voix off. La mise en scène met judicieusement en lumière le côté artificiel du bonheur dans le couple. Les panoplies acidulées de la jeune femme, son physique de poupée Barbie, les perruques qu’ils portent tous deux ou encore les intonations maniérées du jeune homme qui s’écoute parler… tout fait toc.

La démonstration est percutante mais la forme est tellement clinique et crue que l’aspect artificiel finit par gagner le fond de la pièce.

Play House écrit par Martin Crimp, mis en scène par Rémy Barché, théâtre de Belleville.
Avec : Myrtille Bordier et Tom Politano.
Crédits photographiques : Alex Coeuret.

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