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La Carte du temps de Naomi Wallace

Lourde symbolique

Jusqu’au 7 juin 2015, théâtre 13

La Carte du temps se présente sous forme de triptyque. Trois récits qui s’enchaînent pour évoquer le Moyen-Orient et les conflits qui y perdurent. La dramaturge américaine Naomi Wallace choisit à chaque fois d’approcher des parcours individuels pour retranscrire la folie et la destruction de pays en guerre. Une ambition atteinte à travers la dernière histoire, malheureusement les deux premières s’abîment dans un pathos souligné par une mise en scène manquant de subtilité.

la_carte_du_tempsBien sûr, les thématiques traitées sont plus que louables. Naomi Wallace s’insurge contre la violence guerrière et la dénonce en ayant la délicatesse de ne pas prendre parti – tous ses personnages, qu’ils soient palestiniens, israéliens ou irakiens, souffrent d’une manière ou d’une autre. Pour faire passer son message, elle les transforme en symboles un peu trop évidents : l’Israélienne sauvée par une transplantation d’un donneur palestinien, le soldat qui garde un zoo en ruine comme un ultime vestige de la paix, l’architecte dont les constructions servent forcément aussi les choix politiques… L’écriture, jusque-là démonstrative, prend enfin son envol avec le récit de ce colombophile obligé de vendre ses oiseaux comme on se sépare morceau par morceau de son identité. Éminemment humain, ce geek des oiseaux touche par son côté décalé.

La mise en scène de Roland Timsit ne parvient pas à donner du souffle à l’ensemble. En usant lui aussi de beaucoup d’éléments symboliques, il finit par nous éloigner de la narration. Par exemple, lorsque l’architecte tire un long fil rouge pour lentement enserrer un personnage dans une sorte de toile d’araignée qui sera immédiatement détruite : la mise en place est laborieuse pour une image fugitive qui au final n’apporte pas grand-chose à ce qui est dit.

La Carte du temps convainc moins qu’Une puce, épargnez-la, la pièce qui a valu à Naomi Wallace d’entrer au répertoire de la Comédie-Française. Cela ne nous empêche pas d’attendre avec curiosité les œuvres à venir d’une dramaturge qui s’attèle à des sujets souvent peu traités.

La Carte du temps de Naomi Wallace, mise en scène de Roland Timsit, théâtre 13.
Avec : David Ayala, Oscar Copp, Abder Ouldhaddi, Lisa Spatazza, Afida Tahri, Roland Timsit.
Crédits photographiques : Lot.

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