Illusions
Illusions par Galin Stoev

Une vague de poésie et de rire

Du 05/04 au 25/04/2016 à l’Aquarium (durée: 1h30) | Pour y aller

Deux vieux couples qui ont vécu un amour parfait en apparence ; mais en réalité, deux couples : plusieurs possibilités… Un récit porté par treize jeunes comédiens, sincères et frais, mêlant avec brio théâtre, danse, chant et surtout humour.

Dennis est marié à Sandra. Albert est marié à Margaret. Dennis meurt : Sandra avoue à Albert qu’elle l’a aimé en secret. Albert se rend alors compte que toute sa vie, il n’était pas amoureux de Margaret. Quant à Margaret, a-t-elle toujours été fidèle ? Qui aime qui ? Ça pourrait ressembler à un scénario des Feux de l’Amour. Mais non : l’auteur russe Ivan Viripaev nous délivre un récit d’une finesse et d’une drôlerie à couper le souffle. Sur le principe des poupées russes, les histoires des quatre personnages se déroulent, se heurtent, s’emboîtent jusqu’au trouble. Elles interrogent l’amour, sa réciprocité, ses illusions, mais aussi l’instabilité des sentiments dans un monde où l’on voudrait avoir des certitudes. Le metteur en scène Galin Stoev nous donne à entendre une écriture ingénieuse sur le mode du conte à plusieurs voix, en dirigeant treize comédiens issus de la même formation théâtrale.

Fumée

La puissance du collectif

Les comédiens se réunissent sur un plateau presque vide : un canapé blanc, une régie, un piano sur roulettes et quelques chaises en bois. Ils éteignent eux-mêmes la lumière dans la salle : le code est donné. C’est un spectacle collectif, sans faste ni décors, où les comédiens sont tour à tour performeurs, musiciens et régisseurs son/ lumière. A vrai dire, tout le spectacle se déroule dans cet esprit de virtuosité. Ils se donnent le relais du récit avec une aisance impressionnante, font des allers-retours entre passé et futur, poésie et humour, comédie et tragédie. Tout s’articule autour d’un mouvement collectif où les individualités s’expriment librement. Dans une mise en scène rigoureuse, les comédiens interprètent le texte avec un grand respect de la ligne de l’auteur, un naturel parfois déconcertant et une impertinence qui fait du bien.

piano

Un théâtre cabaret

Parfois, le récit se mue en music-hall, avec des intermèdes chantés et dansés. Après des réflexions métaphysiques, certains numéros procurent une grande émotion, dont une interprétation sensuelle de « cry me a river » d’Ella Fitzgerald et un slam époustouflant au piano et au loop station (appareil permettant l’enregistrement de boucles musicales). Ces numéros relèvent parfois du génie. Les comédiens ont trouvé un équilibre parfait entre différentes formes qui font théâtre et qui donnent à l’ensemble une légèreté rafraîchissante. Un tsunami de rires et de poésie ! 

Seul bémol qui n’en est pas un : le spectacle se joue à la Cartoucherie de Vincennes. Mais avec le retour du printemps, la promenade à travers le bois vaut le détour, surtout avec le spectacle qui attend au bout du chemin.

Avec qui y aller ? Votre pote désillusionné(e) de l’amour.


Crédit photo : R. Ienasoaie/A. Plouzen/A. Martine/ Emannuel Ciepka

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