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Influence of a Closet Chant par Albert Silindokuhle Ibokwe Khoza

Dans ta face

Du 31/03 au 2/04/2016 au Centquatre | En anglais non sous-titré

Eugène tres contentOu comment on s’est retrouvées assis en tailleur dans une petite salle du Centquatre, noyées dans les odeurs d’encens, à la lueur des bougies, à se faire fouetter par un gros Noir en tutu rouge. On a adoré.

Influences of a Closet Chant commence dans les escaliers du Centquatre, qu’on monte marche après marche en se laissant envelopper par une odeur inattendue d’encens. On arrive dans une petite pièce où des chaises sont disposées en cercle et des coussins au sol. Des bougies brûlent près du mur du fond, sur ce qui ressemble à un autel animiste. Un Africain obèse, vêtu d’un pagne, enroulé dans des cordages, est déjà en train de chantonner des mélodies incompréhensibles en nous tournant le dos.

Danser sous les insultes

Albert Silindokuhle Ibokwe Khoza est noir, gros, sud-africain, homosexuel, danseur et guérisseur. Influence of Closet Chant est le spectacle de toutes ses identités. Il y raconte son apprentissage de la danse classique dans son pays d’origine, l’humiliation des auditions, la rencontre avec Pina Bausch, “la seule qui fait danser les gens comme vous”, avec une conscience aiguë de son public, qu’il implique… dans le rôle de la société.

Voilà comment nous nous retrouvons à scander dans une langue inconnue l’équivalent de “pédé” et “gouine”, bien en rythme… et à regarder Albert Silindokuhle Ibokwe Khoza danser voluptueusement sous nos insultes. Impossible de ne pas se réjouir avec lui. Le reste du spectacle est dans le même esprit : toujours plus proche, très proche. Pas de pudeur, pas de filtre : on se prend tout ce vécu dans la figure. La revanche a un goût très doux.

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Albert, on t’embrasse

Du rituel qui se joue, on ne saura rien, et on s’en fout pas mal. On s’est laissé envelopper dans les odeurs, les sons, la langue. Et de sa danse, on n’a rien à dire : elle est parfaite, comme lui. Laissez-le danser, s’il en a envie, allez le voir, si ce qu’il fait vous plait, et sinon, foutez-lui la paix. Ce qu’il a à montrer est personnel, malheureusement pas inédit, et on ne peut que se réjouir que des gens comme lui aient voix au chapitre.

On attend avec impatience le prochain spectacle. La prochaine fois, on espère trouver le courage de braver la sueur de toute sa belle énergie pour aller l’étreindre. Albert, même si tu nous as mis ton zizi dans la figure… on t’embrasse.

Avec qui y aller ? Un animiste, Frigide Barjot, Grosjojo, Grosgâteau et toute la team des Bisounours.


Crédit photo : on aimerait le savoir, si vous vous reconnaissez, écrivez-nous !

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