Impatience 2016 - Compagnie Man Haast - Lotissement © Alain Fonteray (1)
Lotissement par Tommy Milliot avec le collectif Man Haast

Racine carrée de trois

Du 2 au 04/06 au CentQuatre | Durée : 1h10 | Pour y aller

Un jeune, un vieux, une Noire : un garçon, son père, sa compagne. Tommy Milliot propulse ses spectateurs dans la position du voyeur, et leur donne à voir un trio relationnel étrange et malsain, qui prend place dans le pavillon de banlieue du père. Une pièce au minimalisme déjà vu, sauvée par l’interprétation impeccable et la richesse du propos.

La vie familiale, c’est compliqué. La proximité, encore plus. Dans ce petit pavillon, signifié par un simple carré au sol, les relations entre Patricia, son compagnon et le fils de ce dernier sont étranges… et pour cause, les personnages le sont aussi. Miglen Mirtchev campe un quinqua étroit d’esprit, tout en chaussettes blanches et slip kangourou, face à une Eye Haidara versatile et incompréhensible. Isaïe Sultan, malgré son physique de beau gosse, est crédible en adolescent renfermé et voyeur. C’est d’ailleurs avec lui que nous faisons corps, en tant que spectateur.

En effet, la pièce nous propulse immédiatement dans le voyeurisme. On assiste à plusieurs scènes du quotidien de cette famille bancale dont l’existence tourne à vide.Chaque personnage est un stéréotype, et pourtant : l’interprétation des trois comédiens, extrêmement réussie, parvient nous faire croire à ces personnages. Les présences et déplacements sur scène sont calibrés, graphiques. Qu’il y ait une ou trois personnes sur scène, on a la sensation d’un terrain occupé, où les espaces vides ont une force.

Impatience 2016 - Compagnie Man Haast - Lotissement © Alain Fonteray (1)

La pièce explore le sujet des relations en jouant sur les variations : entre le père et le fils, entre l’homme et sa femme, entre un père et un fils en présence de la compagne, entre un homme et sa femme en présence d’un fils, entre un enfant et son beau-parent… On a souvent l’impression d’un dialogue de sourd, de “je t’aime-moi non plus”. Le dégoût que certains personnages ressentent l’un pour l’autre est palpable, tant et si bien qu’on touche parfois à l’absurde. Qu’est-ce qui les retient ici ?

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La scénographie s’inscrit clairement dans le minimalisme. Ce n’est pas la première fois qu’on est sur ce registre au CentQuatre – d’où, peut-être, une sensation de déjà-vu encore plus prégnante. Le procédé, à défaut d’être très original, est efficace ; plus intéressante, peut-être, est l’utilisation des écrans. La tablette, ainsi que de la télévision, raccordée à l’appareil photo numérique qui filme certaines parties de la pièce en live, sont respectivement porte de sortie et miroir de la vie au pavillon. On regrette aussi la ficelle de fin de la pièce, un peu grosse.

On restera attentif au travail du collectif Man Haast. En sortant, on s’est rappelé cette phrase de Pascal, reprise par Giono dans son œuvre éponyme : “Un roi sans divertissement est un homme plein de misère.”

Avec qui y aller ? Un-e naturaliste, un-e architecte, un voyeur.


Crédit photo : Lorem ipsum dolor sit amet.

6 réflexions sur “Lotissement par Tommy Milliot avec le collectif Man Haast

Racine carrée de trois

  1. No hay ninguna eviendencia de la oración del ciego nadie la ha visto y porque este señor no las muestra?, como te digo fallaste y cualquiera con un poco de cerebro te desacreditara, borralo porques MENTIRA, es muy sencillo y cualquiera en el ámbito científico te lo desacreditara, el desirme que no tengo pruebas de la existencia de Dios tampoco confirma lo de la MENTIRA de la oración del ciego.

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