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The Arthur Rimbaud Orchestra par Matthieu Tricaud

Rock’n Rimbaud

Le 24/06/2016 à la Médiathèque Marguerite Yourcenar | Pour y aller

On est entré au Ton Air de Brest comme au Cabaret Vert, prêts à allonger nos jambes sous la table et à commander des tartines de beurre et du jambon. On s’est retrouvé à taper du pied, une cervoise à la main, sur les airs bien rock de cette mise en musique des poèmes d’Arthur Rimbaud.

Le Ton Air de Brest est un bar breton situé quelque part au fin fond du 14e. On le recommande pour la vaste sélection de bières du cru et la sympathie des tenanciers. Mais ce soir-là, nous ne répondons pas seulement à l’appel de la pinte : la Malle des Indes, collectif foutraque mêlant comédiens, musiciens et danseurs – entre autres – y joue The Arthur Rimbaud Orchestra.

Le groupe semble tout droit sorti du Charleville-Mézières du 19e. Dans un joyeux bric-à-brac d’instruments, ils alternent poèmes chantés, slamés et déclamés. La “setlist” est presque un “best-of” ; elle monte crescendo jusqu’au Bateau ivre. Il se passe quelque chose entre la musique rock, les percussions improvisées et les vers de Rimbaud : les poèmes deviennent des paroles comme les autres, on tape du pied en buvant sa bière, on révise son Dormeur du val, on chante, même, quand notre mémoire nous le permet.

La magie du spectacle, c’est que c’est vraiment un concert. Sauf qu’en fait, c’est aussi de la poésie, et surtout du théâtre. L’interprétation est servie par trois comédiens bourrés d’énergie, qui pour l’occasion ont sorti leur plus beau blaze de manouche : à coté de Samuel Garcia en Arthur Rimbaud, Cécile Feuillet en Clara Vénus et Maxime Scocard en Saturnin Misère sont plus vrais que nature. On retrouve des tas d’influences. Ceux qui ont trainé leurs bottines aux cailloux des chemins, mais surtout à la Route du Rock, retrouveront leurs petits.

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Il parait que tous les adolescents traversent une “période Rimbaud”. On se gardera de parler pour les autres, mais une chose est sûre : qu’on ait lu Une Saison en enfer ou non, The Arthur Rimbaud Orchestra est l’occasion rêvée pour chacun de reprendre son Rimbaud là où il l’avait laissé. On aurait envie d’y pousser une classe de cinquième autant qu’un universitaire encore occupé à chercher le sens du Cœur supplicié.

On est curieux de savoir comment le spectacle vivra dans d’autres conditions. Si le bar s’y prête à merveille, on souhaite au trio de se produire sur des scènes aux moyens plus complets, qui offriront une expérience plus intense. D’ailleurs, la Fête de la Musique pourrait aussi être la bonne occasion, qui sait ? En tout cas, roule la roulotte Rimbaud !

Avec qui y aller ? Verlaine, évidemment.

Pour en savoir plus sur le collectif La Malle des Indes, c’est par ici.


Crédit photo : Raphaël Lafargue

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