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Le quatrième mur de Sorj Chalandon par Luca Franceschi

Chatila, mon amour

Du 07 au 30/07/2017 au Théâtre des Carmes | Durée : 1h30 | Pour y aller

eugene indifferentUne mise en scène un peu maladroite et imparfaite du chef-d’oeuvre de Sorj Chalandon sur le conflit libanais et l’indicible de la guerre, malgré quelques trouvailles et l’énergie débordante de jeunes acteurs.

Dans l’exaltation contestataire des années 1970, Georges, étudiant à Paris, fait la rencontre de Samuel, metteur en scène grec et dissident qui a fui la dictature des colonels. Alors que la mort le guette, celui-ci poursuit un projet fou : monter l’Antigone de Jean Anouilh au Liban dans le Beyrouth divisé et ravagé, juste sur la ligne de démarcation entre les différents camps, rue de Damas. Une pièce sur la résistance et la quête d’absolu dans un espace suspendu, arraché pour quelques heures à la guerre, voilà qui aurait de la gueule ! Trop malade pour continuer, il demande à Georges de mener à bien ce projet, de poursuivre là où il s’est arrêté. Le début d’un périple fou qui emmènera Georges au bout de la folie des hommes, de la brutalité, de l’absurdité de la guerre, jusqu’au cœur des massacres de Sabra et Chatila en 1982.

Adapté du roman à succès de Sort Chalandon, ancien correspondant au Liban pendant la guerre civile et l’un des journalistes qui pénétrèrent dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila au lendemain du massacre commis par les Phalanges chrétiennes, ce “quatrième mur” – l’espace qui sépare le public des acteurs au théâtre – pèche par moments par maladresse. Originales, les interludes en beatbox n’apportent pas toujours grand-chose à l’action, par ailleurs extrêmement lente à démarrer : la faute à une adaptation trop proche du roman d’origine peut-être, qui peine parfois à s’en affranchir. Heureusement, les acteurs, par leur jeu à plusieurs voix qui se répondent, sauvent le tout grâce à leur interprétation très juste et leur capacité à faire le grand écart entre des personnages très différents. La scène où Georges doit négocier avec un cheikh chiite et n’affronte qu’un chœur de figures drapées et anonymes est une vraie trouvaille scénique, une des rares dans une mise en scène très dépouillée. Cette adaptation pèche aussi par son côté elliptique et laisse comme un goût d’inachevé : on aurait aimé voir la mort de Nakad, le fils du taxi druze, qui incarne Hémon, amoureux d’Antigone, mais aussi celle de Joseph, de Georges ou de la douce Imane, Antigone des camps de réfugiés palestiniens.

Avec qui y aller ? Un. amoureux/se contrarié.e du Liban et de l’oeuvre de Sorj Chalandon.


Crédit photo : Capture d’écran

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