Le Récital des postures Yasmine HUGONNET ©Anne-Laure Lechat (6)
Le récital des postures de et par Yasmine Hugonnet

Des silences qui parlent

Du 09 au 19/07/2017 au CDC – Les Hivernales | Durée : 50 minutes | Pour y aller

Eugène tres contentCe court spectacle sans musique, plein de poésie et d’humour, a captivé le public. Une œuvre qui mérite d’être vécue.

Sur scène, une femme, seule, dont on ne voit pas le visage, semble s’étirer. Des poses matinales s’enchainent, comme un rituel de yoga. Le silence l’enveloppe. Le public retient son souffle. Puis les vêtements tombent, et l’intimité se crée avec malice et subtilité.

Un spectacle en deux temps

Étrange constat : la femme habillée nous est plus étrangère que le femme nue. Habillée, Yasmine Hugonnet ne regarde jamais le public. Ses poses semblent s’enchainer malgré lui, en lui faisant presque constamment dos. Comme si cette intimité n’était pas la bonne.

L’acte de se dévêtir, délibéré et définitif, introduit un temps de suspens. On se demande ce qui viendra. La danseuse semble pudique, comme incertaine de la démarche à suivre. Elle apprivoise lentement son nouveau public. Car c’est bien le public qui a changé, tout autant que l’artiste, face à ce corps entièrement révélé.

Une femme et sa scène

La femme se dévoile : elle est drôle, franche, présente. Elle n’a pas peur du public, elle lui donne juste le temps de s’habituer à son corps, sa peau, ses particularités. Et lorsqu’elle s’amuse, on ose à peine rire, tant la situation nous semble insolite. Il faut attendre le bouquet final de la fin pour que les spectateurs se dérident précautionneusement.

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La femme qui se meut, seule dans une scénographie simple et avec des effets de lumières rares mais efficace, ne correspond pas à l’archétype de la femme telle qu’on nous l’a enseignée. Elle est sexuée mais pas sexualisée. Elle est nue mais en contrôle. Elle est musclée et belle. Elle a même des poils !

Elle emballe la salle, qui retentit de « mercis » à la fin du spectacle. Sans un mot. Sans un son. Et avec beaucoup d’humour subtil.

Avec qui y aller ? Un complexé, une sculptrice, un photographe ou une pudique.


Crédit photo : Anne-Laure Lechat

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