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Les poings qui volent d’Israël Horowitz par Joëlle Sevilla

Mon père, ce loser

Du 7 au 29/07/2017 à 19h à l’Espace Saint-Martial  | Durée : 1h30  | Pour y aller

eugene indifferentUne mise en scène âpre et une écriture dense et précise au service de cette histoire de rédemption et de paternité dans le milieu de la boxe, qui n’est pas sans rappeler un film hollywoodien façon Clint Eastwood.

Dans l’obscure salle de boxe du Bronx dont il est l’entraîneur, Ike Mellis, vieille gloire de la boxe, un peu connu, un peu tocard (60 combats, 57 défaites), voit débarquer un beau jour Tony “Tiny” Whitaker. Ce jeune homme arrogant et fier lui révèle, après une très violente confrontation initiale, n’être autre que son fils. C’est le point de départ de cette pièce initiatique, classique mais efficace, sur le milieu de la boxe, la relation père-fils et le dépassement de soi. La mise en scène, “très cinématographique” avec un insert vidéo en ouverture et un jeu de lumières visiblement influencé par les films américains, sait rendre hommage à une pièce écrite dans les années 1980 : le public y retrouvera la même nostalgie qu’en regardant un vieux Rambo.

On ne vous cache pas que le Rhino est ressorti partagé de la représentation cependant, un trouble qui s’explique simplement par le fait que cette pièce ne peut séduire qu’un certain public. Là où certains n’y verront qu’une accumulation de clichés qu’on croirait piochés dans n’importe quel film américain, d’autres seront émus par ce récit touchant sur la rédemption, le courage et la paternité. Cela « marche » surtout grâce à un texte vif, incroyablement bien écrit mais surtout à la présence quasi-animale de Mathieu Duboclard, qui incarne Tony. Qu’attendre d’autres d’une pièce – une fois n’est pas coutume – aussi « physique » et « virile » ? Mais l’acteur principal y apporte sa gouaille, son ton. Face à lui, Yvan Lecomte campe un « loser magnifique » dans le rôle du père, éclopé de la vie, frappé par son propre père et à qui on donne une occasion de se racheter.

Avec qui y aller ? Un.e fan de Raging Bull et de Million Dollar Baby, un.e amoureux.se des histoires de confrontation épique et virile dans les salles obscures.


Crédit photo : Capture d’écran

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