IMG_4097
Littoral de Wajdi Mouawad par Stéphanie Dussine

Rythme et jeunesse

Du 07 au 30/07/2017 à l’Espace Saint Martial | Durée : 1h30 | Pour y aller

eugene3Une pièce crue et onirique sur la quête des racines, le besoin de raconter l’indicible, le mystère du passé. Le magnifique texte est incarné avec une certaine fougue, celle de la jeunesse, et rythme, parvenant à capter un public curieux. 

Le récit n’est pas simple. Il s’agit de l’ouverture de la trilogie Littoral – Incendies – Forêts, dont la deuxième pièce avait également fait l’objet d’un film réalisé par Denis Villeneuve. Littoral ouvre un cycle d’exploration sur les racines libanaises de Wajdi Mouawad. Le drame particulier qui est exploré ici tourne autour du rapport à la mère (sacrifiée) et du père (disparu), de la quête pour donner une sépulture au père dans un pays qui ne sait plus dire sa propre histoire. Exploration du manque à raconter, du silence, de la jeunesse abandonnée.

Rythme et supports variés

Dès les premières minutes, le spectateur est comme assommé par un monologue rapide et énergique. Plongé dans le feu de l’action – et la tête d’un Wilfrid déboussolé -, le public est immédiatement embarqué. C’est un beau tour de force, nécessaire pour la suite. En effet, l’apparition de personnages imaginaires et les changements de rôles nécessaires pour incarner presque 30 personnages sur scène, se font d’autant mieux qu’on n’a pas le temps de se poser de questions inutiles.

Des procédés scéniques clairs permettent aussi de mettre dos à dos le passé et le présent. La vidéo, abondamment utilisée, les projections et autres astuces créent des espaces de jeu nouveaux. Les comédiens doivent gérer la scène en plus du jeu, et c’est plutôt réussi, vu l’ambition affichée.

Un drame parfois superficiel

Géoffrey Couët incarne un Wilfrid déboussolé, touchant d’impuissance et de nervosité. Sa prestation, ainsi que celles du chevalier imaginaire (Fabrice Delorme) et son père cadavre (Olivier Hamel), qui ne jouent pas d’autres rôles, sert de ciment dans cette mise en scène. Leurs textes parviennent bien au spectateur, malgré la rapidité occassionnelle du flux ou le niveau sonore qui les entoure.

On s’interroge en revanche sur les choix de direction pour les autres rôles principaux, dont les prestations semblent effleurer sans pleinement incarner les thèmes chers à Wajdi Mouawad : la violence, la douleur, le drame, le besoin d’identifier, raconter et extirper la part de mal en chacun. C’est dommage, car d’autres aspects sont très émouvants, notamment les scènes entre les fils et le père.

Sans doute que ce spectacle va continuer à mûrir avec les comédiens, et on espère le voir tourner par la suite.

Avec qui y aller ? La poétique. Les enfants réconciliés – ou pas – avec leurs parents. Le passionné.


Crédit photo : Cie Esbaudie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *