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Si Richard si de et par Florence Fauquet et Chloé Lasne

Clown et classiques

Du 06 au 30/07/2017 au Théâtre des Béliers (Avignon) | Durée : 1h10 | Pour y aller

Et si on parlait de Richard III ? Ce n’est peut-être pas ce que vous vous êtes dits ce matin au petit déjeuner, mais il s’avère que ce sujet peut être tordant. Il suffit de prendre une tirade de Richard III, dans laquelle deux assassins anonymes se posent des questions d’éthique, d’infuser tout ça de clown, de chant et de mime puis d’inviter un public. Et ça donne Si Richard si, une pépite.

Dans le noir, la voix de Richard III retentit pour donner des ordres. Il recrute deux assassins pour remplir des missions de mercenaire comme tuer les héritiers au throne et séduire des dames puissantes afin qu’il puisse les épouser. Or les deux wannabe hommes forts qu’il a recruté sont des antihéros pathétiques, incapables de mener à bien leurs entreprises. Un voyage rocambolesque commence.

Un feu d’artifice technique

Les antihéros apparaissent maquillés en clown ou mime. Le corps parle d’abord, avec une belle énergie, dans des chorégraphies comiques qui saisissent d’emblée l’attention du public, qui ne se fait pas prier : on rit dès les premières minutes.

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Une fois les personnages sont installés et les codes en place, les comédiennes déploient une large gamme de techniques, chacune plus pertinente que la précédente. Chant polyphonique, pédale loop, chorégraphies pop, on en passe. Tout est très bien exécuté et s’enchaine avec justesse.

Un travail sur le texte et le fond

Si ce spectacle joue clairement dans le registre comique, il a su garder une ambition sur le texte et le fond. L’histoire ne piétine pas, comme on pourrait le craindre avec du clown. Au contraire, elle avance sans cesse et les protagonistes évoluent. Ayant accidentellement découvert qu’ils ont une conscience, ils finissent par en faire un pivot pour la suite.

Et pour les pseudo-intellos, comme chez le Rhino, cela fait frétiller notre imagination. Après tout, Richard III a été diabolisé par tous ses contemporains et de manière célèbre par Shakespeare, mais il y sans doute une nuance à retrouver dans ce personnage. Si ce n’est pour jouer à des jeux de « si ». Si Richard si…?

Avec qui y aller ? Votre clown préféré, l’Anglais de service.


Crédit photo : Pierre Davy

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