SOPRO (Souffle) - 71e FESTIVAL D'AVIGNON

Texte et mise en scène : Tiago RODRIGUES -
Scénographie et lumière : Thomas WALGRAVE -
Son : Pedro COSTA -
Costumes : Aldina JESUS -
Assistanat à la mise en scène : Catarina RÔLO SALGUEIRO -

Avec : 
Isabel ABREU -
Beatriz BRÁS -
Sofia DIAS -
Vitor RORIZ -
João Pedro VAZ -
Cristina VIDAL -

Dans le cadre du 71e festival d'Avignon
Lieu : Cloître des Carmes -
Ville : Avignon -
Le 05 07 2017 -
Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE
Sopro (Souffle) de et par Tiago Rodrigues

Quand conte la souffleuse

Du 07 au 16/07/2017 au Cloître des Carmes (Avignon) | Durée : 1h45 | Pour y aller

Si tous les théâtres disparaissaient : les lieux, les acteurs, les techniciens, les directeurs, les auteurs. Qui resterait pour conter ce qu’étaient ces lieux, pour redonner aux générations futures un aperçu de ce qu’était le théâtre ? Un souffleur dans un théâtre en ruines. Voici ce que raconte cette pièce par des procédés de mise en abime, avec humour et délicatesse.

La pièce commence. Une scénographie simple symbolise un théâtre à l’abandon. Très sobrement inscrite dans le beau Cloître des carmes, la scène au parquet envahi par la végétation évoque déjà une forme de désolation. Un personnage habillé de noir, à l’allure de ceux qui savent se rendre invisibles, tient un classeur à pochettes plastiques. Puis entre une première femme, et arrivent les premiers mots.

Transparence et jeux de scène

La personne aux allures d’invisible est une souffleuse. C’est elle qui va nous raconter l’histoire par le biais de comédiens à qui ses chuchotements donne vie sur scène. Elle les fait entrer, chacun son tour, et leur souffle leurs paroles grâce au classeur qu’elle ne quitte jamais. On découvre le premier niveau de la pièce : un jour le directeur de son théâtre lui a proposé de faire une pièce exactement comme celle que nous allons voir, au sujet d’une souffleuse. Va-t-elle accepter ? Bel enjeu.

Au fil de sa narration, elle raconte des anecdotes sur son théâtre, sa vie, ceux qui ont peuplé sa scène. Alors on glisse vers les histoires des personnes et des extraits de pièces qui ont marqué sa carrière et son quotidien. Des morceaux de pièces sont jouées sur scène, des moments de la vrai vie deviennent des scènes de notre histoire. Les personnages qui émergent prennent parfois leur envol, pour ainsi dire, s’expriment sans qu’elle leur souffle préalablement le texte. Mais c’est rare.

SOPRO (Souffle) - 71e FESTIVAL D'AVIGNON Texte et mise en scène : Tiago RODRIGUES - Scénographie et lumière : Thomas WALGRAVE - Son : Pedro COSTA - Costumes : Aldina JESUS - Assistanat à la mise en scène : Catarina RÔLO SALGUEIRO - Avec : Isabel ABREU - Beatriz BRÁS - Sofia DIAS - Vitor RORIZ - João Pedro VAZ - Cristina VIDAL - Dans le cadre du 71e festival d'Avignon Lieu : Cloître des Carmes - Ville : Avignon - Le 05 07 2017 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Tiago Rodrigues dit qu’il « préfère l’endroit où le texte, le jeu théâtral et la mise en scène servent à créer de la transparence et mettre en débat des propositions de plusieurs humanités. » C’est ainsi qu’on s’explique la lente mise en marche du spectacle, qui prend le temps, sans toutefois se complaire dans une mollesse. En fait, il entretient un dialogue avec le public.

« Nous serons là »

La souffleuse s’émerveille de l’air de son théâtre. D’après elle, celui qui joue Créon aujourd’hui respire le même air que les autres acteurs, que les techniciens, que la directrice et même que ceux qui ont joué Créon dix ou quinze ans auparavant dans ce même lieu. Le théâtre est un souffle qui ne meurt pas, même s’il est malmené, il continue de circuler. La question que se pose Rodrigues n’est pas « est-ce que le théâtre va disparaître », car il est convaincue que le théâtre vivra toujours, mais plutôt « quel accès aurons nous au théâtre«  ?

En ce sens, Sopro est un conte, à prendre avec légèreté. Parfois le temps paraît long parce que les chemins sont alambiqués, les histoires imbriquées les unes dans les autres et les paroles soufflées rallongent les temps. Mais les touches d’humour nous rappellent à l’instant présent.

On n’oubliera pas de si tôt la souffleuse.

Avec qui y aller ? La nymphe Echo.


Crédit photo : Christophe Raynaud De Lage

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