TABULA RASA© Dominique Houcmant-Goldo_FU5A4239
Tabula Rasa de Violette Pallaro

Strip tease à table

Du 06 au 26/07/2017 au Théâtre des Doms (Avignon) | Durée : 1h | Pour y aller

“Chez nous, nous étions cinq, toujours à la même place, assis de la même façon.” Entre fresque et saga, Tabula Rasa nous emmène dans l’intimité des familles autour des repas. Une pièce à la fois drôle et fine, servie par un rythme échevelé et une interprétation impeccable.

Il y a des gens que les repas familiaux ennuient, et d’autres qu’ils enthousiasment. Quelle que soit votre sensibilité sur le sujet, Tabula Rasa a quelque chose à vous dire. Le spectacle se promène entre les milieux, les familles et les personnalités, avec humour et sensibilité.

Sur le plateau, décor simple et crédible : au centre, la table, qui en verra de toutes les couleurs dans les 60 prochaines minutes. Sur les cotés, les costumes, familiers mais pas anodins, dans lesquels les comédiens se glisseront au gré des changements de personnages.

Une interprétation au cordeau

Les comédiens : parlons-en. Laura Fautré, Clément Goethals, Thierry Hellin, Lara Persain portent le spectacle avec virtuosité, égaux dans l’excellence, justes dans les moments les plus délicats. L’alchimie au sein de la troupe est palpable. Les familles qu’ils campent sont plus vraies que nature ; les nombreux personnages que chacun interprète, on aurait pu les croiser hier. Ils sautent du vraisemblable au délirant, affinent le trait ou poussent à la caricature, le tout en un instant. Un régal.

Émotions crescendo

Les débuts sont sages. Une voix féminine introduit en s’excusant presque de son absence. S’ensuit un exercice de style enlevé et tout en relief : votre famille est-elle plutôt recomposée, tradi, populo, bobo ? Pas le temps de s’ennuyer, à peine le portrait brossé, on enchaîne avec une autre atmosphère. Le rythme montre tranquillement, crescendo, jusqu’à un point de bascule effarant et savoureux.

Scotché au strapontin, on suit le reste de la représentation en tension. Tabula Rasa met les pieds dans tous les plats, évoque tous les non-dits, tous les petits défauts et les gros travers qui se répètent et se transmettent, de génération en générations et de famille en familles. Un beau, grand miroir tendu à soi-même… avec humour et, disons-le, une certaine tendresse.

Avec qui y aller ? Mon père, ma mère, mes frères et mes sœurs (oho…)


Crédit photo : Dominique Houcmant-Goldo

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