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T-REX d’Alexandre Oppecini par Marie Guibourt

Vidéo : quand le théâtre se mêle du burn out

En tournée en 2019 | Durée : 1h | Pour y aller

Le seul-en-scène électrique et énergique a le mérite de laisser une trace concrète dans l’esprit du spectateur sur ce que l’épuisement professionnel veut dire. Tant mieux sur un sujet souvent évoqué mais encore très méconnu. Le Rhino a en revanche regretté quelques grosses ficelles musicales et de scénographie. Interview avec Alexandre Oppecini, auteur et acteur de T-REX.

Alexandre Oppecini s’est épris de théâtre voilà une dizaine d’années. Gamin de Bastia, il se destine d’abord à une carrière d’ingénieur. Opte pour une licence de géologie puis abandonne tout et monte à Paris où il cumule les petits boulots pour s’adonner à sa nouvelle passion : les planches. C’est là qu’il fera l’expérience d’environnements de travail délétères, de tâches absurdes, d’individus poussés à la rupture…

Lui ne fait que passer dans ces boulots mais d’autres s’y enterrent au point de se rendre malade. Les fameux burn out : le syndrome de l’épuisement professionnel est encore très mal reconnu en France. Seuls quelques cas font l’objet d’arrêt maladie en bonne et due forme quand plusieurs sondages et études montrent qu’une majorité de salariés en ressentiraient les symptômes.

Trentenaire dans la banque

Le sujet est tout trouvé pour le jeune comédien qui s’est ouvert à la dramaturgie et à la mise en scène. Fin juin, il a bouclé quatre mois de représentations de T-REX, un seul-en-scène dans la peau d’Alexandre.

Un trentenaire dans la banque qui se retrouve catapulté du jour au lendemain à des responsabilités démesurées. Appâté par la promesse d’une promotion rapide s’il parvient à boucler la mission que son prédécesseur a échoué à accomplir. Mais rien n’ira comme prévu.

Un spectacle dont le Rhinocéros a aimé la redoutable énergie, incarnée généreusement par Alexandre Oppecini, et la notion concrète d’épuisement professionnelle qu’il transmet. En sortant, on se représente mieux les ressorts du burn out (isolement, fatigue, enfermement dans un environnement absurde, douleurs morales et physiques…). De ce point de vue, le spectacle a un rôle pédagogique salutaire.

Le Rhino a été moins emballé par certains effets sonores et musicaux tirés jusqu’à la corde. Ainsi, à chaque nouvelle dégringolade du personnage, des hurlements de tyrannosaure et une lumière intermittente dégomment les spectateurs. Ce qui devient rapidement téléphoné, passé l’effet de surprise.

Avec qui y aller ? Votre collègue dont les cernes bleuissent de jour en jour.


Crédit photo : Armand Luciani

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