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Solaris de Stanislas Lem par Rémi Prin

Revenants cosmiques

Jusqu’au 30 septembre 2019 au Théâtre de Belleville  | Durée : 1h30 | Pour y aller

Une adaptation réussie d’un classique de la SF sur le doute existentiel, servie par une mise scène claustrophobe au possible.

eugene plutot contentPsychologue arrogant, Kris Kelvin est envoyé suite à l’appel à l’aide de son ami Gibarian sur la navette Solaris qui ne donne plus signe de vie depuis quelques temps. Ce vaisseau spatial est chargé d’observer la planète-océan du même nom, sorte d’entité vivante dont le mystère fascine les scientifiques.

Sur place, Kelvin retrouve les deux collègues, les docteurs Snaut et Sartorius, paralysés d’angoisse par les étranges phénomènes. De mystérieux visiteurs, fantômes du passé, rendent visite la nuit aux occupants de la navette, les mettant face à leur culpabilité. Adapté une première fois au cinéma par Andreï Tarkovski en 1972, ce roman du Polonais Stanislas Lem, qui rencontra la succès dès sa publication et fédère encore une communauté de fans, est empreint d’une vision futuriste héritée des années 60, époque de sa sortie.

Anxiogène

Oubliez le remake décevant de Steven Soderbergh avec George Clooney sorti en 2002. Ici, Rémi Prin s’essaye à une adaptation théâtrale et réussit le pari à la fois de montrer que la science-fiction est transposable sur scène et que la SF, genre souvent mal-aimé, peut se révéler profonde et triste. Avec peu de moyens, il parvient à recréer une atmosphère anxiogène qui repose sur un subtil jeu de capsules qui semble à la fois se dérober aux personnages et les enfermer dans leur angoisse, encore accru par l’espace clos du vaisseau spatial.

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Musique et bruits “organiques” viennent encore renforcer cette impression comme si l’on pouvait véritablement entendre la planète Solaris, personnage que l’on ne voit jamais mais qui semble pourtant omniprésent. Dans le rôle principal, Thibault Truffert incarne bien ce scientifique assis sur ses convictions et plein de morgue qui se change progressivement en être vulnérable, dépassé et terrifié par les évènements. “Solaris” emporte son mystère avec lui et laisse le spectateur sur une impression étrange, comme si le voile n’était pas tout à fait levé à la fin de la pièce.

Avec qui y aller ? Votre meilleur.e ami.e geek ou passionné.e de littérature fantastique.


Crédit photo : Avril Dunoyer / Théâtre de Belleville

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