unnamed
Mécanique de Catherine Verlaguet par Georgios Karakantzas

Violence(s)

Du 22 au 26 mai au Théâtre Dunois | Durée : 1h | Pour y aller

eugene3Destinée à un jeune public, cette relecture du “Orange mécanique” d’Anthony Burgess, porté à l’écran par Stanley Kubrick, vise juste grâce à sa mise en scène efficace et métaphorique.


Depuis près de 30 ans, Alex, ancien petit délinquant, est baladé comme un animal de foire, preuve de l’efficacité d’une méthode scientifique censée ôter définitivement la violence chez les jeunes hommes. Georgios Karakantzas reprend le fameux film de Stanley Kubrick, Orange mécanique dans une adaptation qui se veut plus proche du roman d’Anthony Burgess, le transpose en France et lui imagine une suite. Sous nos yeux, Stéphane Miquel, qui incarne le rôle principal, se métamorphose à mesure qu’il raconte son histoire, passant de petit homme au ton hésitant à loubard arrogant et sadique à mesure que le vernis craque et qu’il semble retrouver sa vraie nature, celle d’un “loup caché sous une peau de mouton”.

visuel nov 2016

Comme il le dit lui-même, la violence nihiliste semble n’être qu’une échappatoire à la quête de sens qui saisit la jeunesse pauvre des banlieues occidentales. Mais la violence ici est stylisée, elle apparaît à travers des marionnettes ou des dessins tandis qu’un grand miroir suspendu au-dessus de la scène semble littéralement renverser la perspective. Dans la fiction, le miroir est souvent utilisé comme un passage vers un autre monde. Ici, il offre un aperçu, une fenêtre sur l’histoire et la vie intérieure d’Alex.

Les marionnettes permettent de mettre à distance la violence, à la manière des pédopsychiatres qui les utilisent pour aider les enfants à revivre des évènements traumatisants. Pour son adaptation, Kubrick s’était inspiré de la version américaine du roman, laquelle ne comportait pas le dernier chapitre. Georgios Karakantzas reprend ce dernier chapitre : Alex, qui semble au crépuscule de sa vie après toutes ses épreuves à tout juste 15 ans, s’y demande à quoi pourrait bien ressembler son fils et sa fille, alors que son corps et son esprit semblent “se déglinguer”.

Avec qui y aller ? Un ado, un fan de Kubrick, un sociologue, un étudiant en psychologie.


Crédit photo : Anima Théâtre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *