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L’a-démocratie de et par Nicolas Lambert

Trois jours à l’ombre de la République

Du 07/10 au 28/12 au Théâtre de Belleville | Durée : 2h chaque soir | Pour y aller

eugene3Nicolas Lambert est un peu ce prof d’histoire que l’on a eu ou qu’on aurait aimé voir. Trois soirs durant, il convoque sur scène l’histoire de la Ve République et une galerie de ses personnages clés. Son ambition est de disséquer les ressorts d’un pouvoir sans partage en France sur trois sujets de choix : la politique extérieure, la production énergétique et l’armement. Vaste programme dont plusieurs thèses de doctorat pourraient échouer à faire le tour.

Nicolas Lambert s’en dépatouille mieux que bien dans la trilogie L’a-démocratie à laquelle il se consacre depuis 2004.

Elle s’ouvre sur le procès de l’entreprise pétrolière Elf en 2002 (le premier soir donc), remonte jusqu’aux origines de la politique nucléaire en France en 1956 (le deuxième soir), s’achève en 1995 par le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur sur fond de ventes d’armes au Pakistan (le dernier soir). A chaque soirée sa couleur : bleu, blanc, rouge, cocorico et vive la France bien sûr !

Tous les affreux jojos et tauliers de la Ve sont au rendez-vous : de Loïk Le Floch-Prigent, l’ancien PDG de la SNCF et d’Elf, condamné pour les vastes détournements à la tête de la société pétrolière ; jusqu’aux passeurs de la filière nucléaire française reconduite d’une génération à la suivante dans une surdité stupéfiante aux arguments qui inviteraient à s’en défaire. On voit défiler tous les Présidents de la République avec leurs tics de langage et leurs tocs de comportement, et en tout une bonne cinquantaine de personnages dont Nicolas Lambert prend tour à tour la posture et la voix, sans jamais nous perdre ou à quelques rares exceptions près.

Nicolas Lambert est un coup le Premier ministre Pierre Mesmer qui annonce en 1974 que la production électrique de la France sera dorénavant nucléaire. Il est un peu plus tard Valéry Giscard d’Estaing qui assure qu’après tout le nucléaire ce n’est que l’eau et de la chaleur. Encore après, il se métamorphose en Nicolas Sarkozy qui se félicite en 2009 que l’EPR de Flamanville est le signe de la renaissance de l’atome et sera livré dans les temps.

On ne sort pas de ces trois soirées beaucoup plus enthousiaste qu’on était venu sur l’exercice du pouvoir. Mais l’objectif éducatif est clairement atteint.

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