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Amédée de Côme de Bellescize

Fin de partie

Jusqu’au 20 octobre 2013, théâtre 13

Librement inspiré d’un fait divers qui avait bousculé l’opinion publique en 2003, Amédée évoque l’épineuse question de l’euthanasie. Il a à peine 20 ans, Amédée, lorsque sa voiture percute de plein fouet un camion : après neuf mois de coma, il reprend conscience. Tétraplégique, il peut seulement bouger les yeux, et deux doigts de la main droite. Juste assez pour communiquer à l’aide d’une manette reliée à un ordinateur. Mais est-ce suffisant pour vivre ?

Amédée de Côme de BellescizeAmédée est un ado comme tant d’autres : il vit avec sa mère, se passionne pour des jeux vidéo, la F1 et aimerait bien arriver à convaincre sa petite amie de coucher avec lui. Ni meilleur ni pire, ni plus intelligent ni plus bête que la moyenne. Jusqu’au moment où un accident fait basculer sa vie dans le hors-norme. Pour mettre en scène son personnage principal, Côme de Bellescize utilise un effet de dédoublement : d’un côté Amédée, immobilisé, avec ses proches et le personnel médical ; de l’autre Amédée enfermé dans un cube, réagissant à ce qui se passe autour de lui sans que les autres puissent le voir.

Ce procédé permet de suivre les états d’âme d’Amédée, mais aussi d’introduire une dimension très théâtrale. En effet, le jeune homme est accompagné dans son cube par Clov, personnage protéiforme jouant tour à tour au flic, au boxeur ou au nightclubber. Sorte de double provocateur grattant inlassablement les plaies d’Amédée, Clov est bien sûr une référence directe à la pièce de Samuel Beckett, Fin de partie1. Sa composition entre clown et mime est certainement un des aspects les plus réussis de la pièce.

Amédée de Côme de BellescizeSi la mise en scène fonctionne, le texte, lui, a plus de mal à convaincre. Amédée mis à part, l’écriture se révèle souvent caricaturale. Le rôle de la petite amie en donne un bon exemple : soit putain, soit sainte, le personnage se retrouve coincé dans des choix sans subtilité et bien peu intéressants. Dans un autre registre, les interventions du capitaine des pompiers, ancien soldat abîmé par la guerre, s’engluent dans des envolées censées apporter, sans jamais vraiment y parvenir, une poésie décalée.

La pièce parvient à toucher, notamment grâce à l’interprétation fine de Benjamin Wangermée dans le rôle-titre. Mais les maladresses d’écriture empêchent Amédée de dépasser le fait divers et d’atteindre une dimension plus universelle.

Amédée, écrit et mis en scène par Côme de Bellescize, théâtre 13.
Avec : Éric Challier, Maury Deschamps, Florent Guyot, Éléonore Joncquez, Vincent Joncquez, Benjamin Wangermée.
Crédits photographiques : Antonia Bozzi.

  1. Dans Fin de partie, Clov est le serviteur de Hamm, paralytique tyrannique. []

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