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Clockwork de Sisters

Sales gosses

Jusqu’au 25 janvier 2015, théâtre de La Cité internationale

Le nom de la compagnie est trompeur, car Sisters est en fait composée de trois garçons dans le vent, bondissant et virevoltant à tire-larigot en se donnant des faux airs de sales gosses, du genre à se la jouer dans la cour de récré ou en bas de leur immeuble. Sauf qu’ils ont du talent à revendre et que de tels circassiens méritent toute notre attention. Leur charme repose tout autant sur une technique très travaillée qu’un sens joyeux du ludique et de la fantaisie.

clockwork1Les lascars de Sisters ne cherchent pas à nous en mettre plein la vue via des décors majestueux. Non, sur la scène dépouillée de tout apparat se dressent deux mâts chinois – dont l’un est agrémenté d’une structure en bois triangulaire comme une sorte de voile rigide –, et sont posées une roue Cyr, une guitare et une boîte à roulettes. Ici, chaque élément est utile, pas de fioriture afin de rester centré sur l’essentiel : les corps. À la fois aériens et musclés, précis et puissants, rien ne leur semble impossible.

Au début, ils jouent d’un humour gentiment potache dans des scènes où les corps emmêlés forment des animaux étranges puis, de défi en défi, les trois artistes poussent leur savoir-faire toujours plus loin. Impressionnants dans leur travail sur les mâts chinois, ils sont également épatants dans des numéros moins traditionnels comme lorsqu’ils font tournoyer de grandes poutres de bois sur leurs épaules avec une surprenante grâce, se font littéralement capillotracter dans les airs (!) ou quand l’un d’entre eux jongle avec les têtes de ses comparses.

clockwork2Impossible de ne pas relever également le numéro de fildefériste de Mikkel Hobitz Filtenborg, avançant sur un fil tenu entre un des mâts et… un autre membre de l’équipe devant faire contrepoids de tout son corps pour maintenir une tension suffisante. Dans ces moments-là, les Sisters laissent sans voix : ce type de performance n’est pas forcément m’as-tu vu et pourtant, il demande un niveau rare d’adresse et de force. Ces trois-là ne se prennent pas au sérieux, mais leur art, si. La marque des grands.

Clockwork de Sisters, théâtre de La Cité internationale.
Avec : Valia Beauvieux, Mikkel Hobitz Filtenborg, Pablo Rada Moniz.
Crédits photographiques : Einar Kling, Peter Hellman, Dusko Mijanic.

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