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Lento de la Cie Nuua

Beau comme un ballon

Jusqu’au 7 mai 2015, théâtre de La Cité internationale

Tout commence dans une forêt de ballons gonflés à l’hélium. En lisière, deux hommes se tiennent debout – un grand blond et un petit brun, alias Olli Vuorinen et Luis Sartori do Vale, les artistes protéiformes de la Cie Nuua. Face public, ils semblent impassibles et fort sérieux si ce n’est pour un détail troublant, une petite balle blanche placée en équilibre sur leur tête. Le duo facétieux nous emmène dans un univers léger, drôle et poétique, tout en petites touches savamment orchestrées. Laissez-vous tenter.

Cie NuuaCircassiens émérites, Vuorinen et Sartori do Vale se déplacent avec la grâce élégante que seules peuvent apporter de longues heures de travail. Ils paraissent peser à peine plus que les ballons au milieu desquels ils déambulent. Après avoir exploré cette étrange forêt, ils la réorganisent, créent des formes, séparent ou regroupent encore ces sortes d’arbres flottants. Alors que nos gaillards s’approprient de plus en plus les ballons, l’aspect ludique prend peu à peu le dessus. Leurs jongleries se font désopilantes et sont formellement très réussies.

Défiant la logique, la Cie Nuua déjoue autant les règles de l’apesanteur que de la logique cartésienne, allant jusqu’à faire rebondir un ballon sur la pointe d’un couteau bien aiguisé… Si quelques tableaux sont un peu moins puissants, l’ensemble dégage une séduisante fluidité et un plaisir tout aussi bien esthétique qu’émotionnel. Une satisfaction qui ne se limite pas au visuel puisque Lento bénéficie d’un travail sonore recherché, venant ajouter toujours plus de relief aux numéros proposés.

Après avoir passé le spectacle à tenter de maîtriser et contrôler tous ces ballons, la fin les laisse reprendre le dessus, ce sont eux qui emportent l’homme… Un envol final comme une allégorie – l’humain cherche à tout dompter, mais si sa vraie liberté était dans le lâcher-prise ?

Lento de la Cie Nuua, conçu et interprété par Olli Vuorinen et Luis Sartori do Vale, théâtre de La Cité internationale.
Crédits photographiques : Cie Nuua.

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