massacre
Le Massacre du Printemps par Elsa Granat & Laure Grisinger

Au fond du deuil, pour retrouver le bonheur

Du 5 au 24 juillet, les jours pairs au Théâtre du Train Bleu | durée : 1h20 | Pour y aller

Eugène tres content Un cri du cœur pour invoquer nos chers disparus, une insurrection poétique et rageuse contre l’impuissance qui est la nôtre face à la maladie. Bouleversant, le Rhino est passé du rire aux larmes!

Comment faire la paix avec la mort annoncée d’un être cher ? Comment se reconstruire ? Comment pardonner à cette médecine par trop faillible à laquelle on voudrait bien souvent tordre le cou ?

Un choix difficile que celui de la compagnie Tout Un Ciel_La Décharge mentale : traiter le sujet des jeunes aidants, ceux qui à l’aube de leur vie, se voient déjà responsables et soutiens de parents qui achèvent la leur sur un lit d’hôpital.

Edith, adolescente, sur une pelouse jonchée des cadavres d’une fête d’enfant, accompagne les derniers instants de sa mère foudroyée par un cancer incurable. Le lit, les bips du moniteur cardiaque sont lovés dans un écrin à la fois lugubre et festif : une sorte de bunker (mausolée ?) tendu de papier rose.

Ne t’enorgueillis point, ô Mort

Ce contraste résume parfaitement l’atmosphère débridée et tragique du texte de l’autrice, metteuse en scène et comédienne, Elsa Granat. Désespérée, drôle et brutale dans son deuil, la jeune Edith est la première danseuse d’un ballet virevoltant d’infirmiers et de médecins. 

Leurs pas de deux parfois tendres, souvent comiques, toujours maladroits, rythment la course inexorable de la mère vers la mort, de l’adolescente vers une maturité douloureuse. Le tout sous les yeux impuissants de son futur moi d’adulte et d’un thérapeute musicologue qui ausculte et diffuse des créations sonores spécifiques aux mouvements de cette valse macabre.
Couv_Massacre_Printemps_Elsa_GRanat_©dr_@loeildoliv

Et la Mort ne sera plus; Mort, tu mourras !

Mais loin de nous plonger dans des abîmes de tristesse, la pièce d’Elsa Granat est portée par un souffle lyrique et une rage électrisante qui vont modeler l’héroïne, compléter sa transformation et lui conférer l’ultime victoire : celle de pouvoir régler ses comptes avec la Fatalité. Tant d’énergie dionysiaque (chapeau à la comédienne Edith Proust) ne peut qu’être synonyme de destruction.

Elle est tout aussi bien source de création et de renouveau. Après le jeu de massacre, vient la renaissance et la possibilité du printemps. On a pensé aux vers du poète anglais du 17ième siècle John Donne, Death be not proud, qui à la fin de sa vie, conçut ce sublime sonnet comme un pied de nez à l’intention de la grande Faucheuse : « And death shall be no more ; Death thou shalt die. »

Derrière la poésie, la violence et l’infinie mélancolie de ce texte, des questions de société que l’on ne peut éluder: où commence l’acharnement thérapeutique ? Que faire pour mieux accompagner les soignants, les malades et les aidants ? Que dire et quand ?
Si la pièce n’apporte pas de réponse, elle n’en est pas moins un baume salvateur pour des plaies béantes, de vieilles blessures mal cicatrisées, celles que l’on garde dans sa chair après la mort de l’être aimé.

Avec qui y aller ? Tous ceux qui ont connu un deuil et s’en sont relevés.


Une réflexion sur “Le Massacre du Printemps par Elsa Granat & Laure Grisinger

Au fond du deuil, pour retrouver le bonheur

  1. I have noticed you don’t monetize rhinoceros.eu, don’t waste your traffic, you can earn additional cash every month
    with new monetization method. This is the best adsense alternative for any type of website
    (they approve all websites), for more info simply search in gooogle: murgrabia’s tools

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *